En mai, la France enregistre une nouvelle baisse marquée de sa consommation de carburant

Image d'illustration. Pompe à essenceADN
En mai, la demande de carburant en France a poursuivi sa forte baisse, confirmant une tendance amorcée depuis plusieurs mois. Les chiffres témoignent d’un recul marqué de la consommation sur l’ensemble du territoire.
Tl;dr
- Consommation de carburant en forte baisse en mai.
- Nouvelles aides ciblées de 710 millions d’euros annoncées.
- Soutien accru pour les travailleurs les plus exposés.
Baisse marquée de la consommation de carburants
Depuis quelques mois, la tendance ne se dément pas : la consommation de carburants en France poursuit sa chute. Sur la période du 1er au 20 mai, elle a encore fléchi de 14 % par rapport à l’an passé. Une baisse qui fait suite à celle de 11 % déjà enregistrée en avril. Cette diminution s’explique principalement par la flambée des prix des hydrocarbures liée aux tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient. Face à cette situation, le quotidien des automobilistes évolue : selon le ministre de l’Économie, Roland Lescure, « Les Françaises et les Français conduisent un peu moins, ils font du covoiturage, peut-être qu’ils font un peu plus de télétravail ».
Recettes fiscales et réactions gouvernementales
La baisse significative de la consommation a eu des répercussions directes sur les finances publiques. Entre le 1ᵉʳ mars et le 20 mai, les recettes fiscales issues du carburant n’ont généré que 10 millions d’euros supplémentaires – un chiffre bien modeste compte tenu du contexte d’inflation. La hausse des prix, certes notable, a donc été partiellement neutralisée par une demande en recul.
Un plan d’aides renforcé pour les secteurs fragilisés
Pour soutenir les acteurs les plus touchés par cette crise, le gouvernement a annoncé un nouveau train d’aides ciblées, atteignant 710 millions d’euros. Ces mesures incluent notamment :
- La prolongation jusqu’à l’été des aides sectorielles existantes pour les agriculteurs, transporteurs routiers, professionnels du BTP et pêcheurs.
- L’incitation faite aux entreprises à verser une prime carburant revalorisée à leurs salariés, exonérée de cotisations sociales.
Dans ce contexte difficile, une attention particulière est portée aux travailleurs mobiles tels que les aides à domicile et fonctionnaires : leurs indemnités kilométriques seront revalorisées. De plus, l’aide aux gros rouleurs grimpe à 100 euros.
Cibler plutôt que généraliser
Interrogé sur l’éventualité d’une baisse globale des taxes sur le carburant – une mesure réclamée par certaines oppositions –, Roland Lescure a confirmé sa préférence pour un soutien adapté aux publics vulnérables : « On va se concentrer sur les plus vulnérables… Cela ne veut pas dire que ça ne coûte pas à tout le monde, mais il y a des gens aujourd’hui qui peuvent passer la crise et d’autres pour lesquels c’est très difficile ». L’exécutif écarte donc l’idée d’« aides à taille unique qui concernent tout le monde », préférant cibler ceux qui subissent le plus violemment l’impact de cette crise énergétique.