Yonne : deux gendarmes jugés pour le harcèlement d'une collègue

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France
Un véhicule de la gendarmerie (photo d'illustration)

Deux gendarmes de l'Yonne sont jugés pour harcèlement sur l'une de leurs collègues. Il risquent une peine de trois ans de prison et 45.000 euros d'amende.

Deux gendarmes, un adjudant et un maréchal des logis d'une caserne de l'Yonne, font aujourd'hui l'objet d'une comparution devant le tribunal correctionnel de Paris. Les deux hommes, de respectivement 36 et 37 ans, sont accusés de harcèlement sur l'une de leurs collègues affectée à la brigade de Joigny en 2012.

BFMTV.COM nous rapporte que les ennuis de cette jeune femme réunionnaise alors âgée de 24 ans de ont commencé dès ses premiers jours au sein de cette nouvelle brigade. Son avocate Me Maumont explique qu'"au quotidien, c'était un enfer pour elle avec des blagues salaces, comportements inadéquats, ses supérieurs hiérarchiques qui pouvaient la prendre à partie pour lui proposer un plan à trois". Et ses supérieurs de lui avoir fait entendre que "les Réunionnaises sont chaudes, elles sont bonnes".

Procès du harcèlement d'une femme gendarme : son arme avait été retirée par un collègue

En conséquence de ce qui apparaît tel un harcèlement sexuel, la recrue commence à perdre du poids et à faire de l'eczéma. Son état psychologique motivera d'ailleurs l'un de ses collègues à prendre une décision d'importance pour assurer sa sécurité. Jacques Bessy, président de l'Adefdromil (Association de défense des droits des militaires) que la jeune femme avait contactée après un an de difficultés professionnelles, rapporte ainsi qu'"un jour, elle s'est effondrée sur le bureau et un de ses camarades, qui l'a vu dans cet état là, lui a dit: 'Je te retire ton arme, il ne faut pas que tu te suicides'". M. Bessy considère toutefois de "choquant" le comportement de ce collègue, qui "avait bien vu qu'elle [NDLR : la jeune femme] était en grande souffrance, qu'on était en train de lui faire du mal, mais il a été incapable de stopper le harcèlement et de rendre compte à son supérieur".

Trois ans de prison et 45.000 euros d'amende encourus pour l'adjudant et le maréchal

La gendarme se décidera finalement à porter plainte fin 2013, entraînant ainsi la suspension des deux supérieurs concernés. S'ils sont reconnus coupables des faits qu'on leur prête, ils pourront alors être condamnés à une peine de trois ans de prison et 45.000 euros d'amende. Contactés par BFMTV, leurs avocats n'ont semble-t-il pas souhaité délivrer le moindre commentaire sur cette affaire.

Crédits photos : hadescom/Shutterstock.com

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