Une femme médecin repart en Roumanie "effondrée" et "humiliée"

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Société Photo d'illustration. Un médecin en blouse blanche.
Photo d'illustration. Un médecin en blouse blanche.

Après un entretien avec le Conseil de l'Ordre des Médecins d'où elle est ressortie "effondrée" et "humiliée", une praticienne a décidé de quitter la Vendée pour repartir en Roumanie. Elle espérait un poste dans un désert médical qui manque cruellement de praticiens.

Ces jours-ci, la commune de Damvix (Vendée) devait accueillir une praticienne. Une nouvelle à l'importance certaine pour les 750 habitants de Damvix, ces derniers étant en quelque sorte privés de médecin depuis décembre 2014. Et preuve du besoin urgent de la commune de pouvoir délivrer des soins de qualité à ses habitants, son maire Jean-Claude Richard s'était rendu en février dernier en Roumanie afin de convaincre une urgentiste de 40 ans de venir s'installer en Vendée.

Après l'accord de cette femme médecin et l'investissement de 50 000 euros dans le cabinet prévu pour elle, il était ainsi attendu que la praticienne reçoive ses premiers patients début juillet, après avoir été formée un mois auparavant au logiciel de la CPAM (Caisse primaire d'assurance maladie).

Une femme médecin repart en Roumanie après avoir été appelée en Vendée

Comme nous l'indique Ouest-France, citant les propos de M. Richard, l'urgentiste "maîtrisait assez bien la langue française". Et le 25 juin dernier, son inscription devait être validée à La Roche-sur-Yon, durant un entretien avec le Conseil de l'Ordre des Médecins. Elle en ressortira cependant "effondrée" et "humiliée".

"Elle n'avait aucune formation sur l'organisation française"

La dizaine de médecins l'ayant interrogée ont ainsi estimé que les "connaissances [de la praticienne] sur le plan médico-administratif [étaient] insuffisantes". Le conseil a en outre requis d'elle "une formation auprès d'un généraliste pendant un mois". Et bien qu'on lui ait assuré qu'il ne s'agissait pas là d'un refus (définitif), arguments à l'appui, "elle est repartie pour la Roumanie". L'Ordre des Médecins évoque pourtant une décision logique, étant donné que la praticienne "n'avait aucune formation sur l'organisation française". En ajoutant s'en être tenu au règlement en lui recommandant "l'accompagnement, comme cela a été fait pour un autre médecin roumain dans une autre commune vendéenne". Même si, dans cet autre cas, le praticien en question avait exercé 15 mois durant avant d'être suspendu de ses fonctions en raison de connaissances jugées insuffisantes. Il refuse d'ailleurs lui aussi de se soumettre à une formation.

Crédits photos : rangizzz/SHutterstock.com

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