Turquie : la ville kurde de Cizre de nouveau sous couvre-feu

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International La ville de Cizre en Turquie près de la frontière irakienne et syrienne - Capture d'écran de Google Maps
La ville de Cizre en Turquie près de la frontière irakienne et syrienne - Capture d'écran de Google Maps

La ville de Cizre dans le sud-est turc, considérée comme le bastion des rebelles kurdes, a de nouveau été placée hier sous couvre-feu, 36 heures après que celui-ci ait été levé.

Hier, dimanche 13 septembre, les autorités ont de nouveau placé la ville de Cizre en Turquie, proche de la frontière irakienne et syrienne, sous couvre-feu alors que celui-ci avait été levé samedi matin. La ville, à majorité kurde, est depuis le début du mois le théâtre d'affrontements entre les rebelles kurdes de l'organisation séparatiste PKK et les forces gouvernementales.

Un couvre-feu jusqu'à nouvel ordre

Depuis le 4 septembre, les autorités turques ont imposé un couvre-feu particulièrement strict aux 120 000 habitants de la ville afin de mener des opérations contre les rebelles du PKK. Le gouverneur de la région a justifié la reprise du couvre-feu afin "d’assurer la sécurité de personnes et des biens pendant l’arrestation des membres de l’organisation terroriste séparatiste (le PKK, ndlr), un couvre-feu sera instauré à partir de 19h00 (16h00 GMT) et sera maintenu jusqu’à nouvel ordre".

Profitant des funérailles de 16 personnes tuées par les autorités, ce dimanche des milliers de personnes ont défilé dans les rues de la ville afin de protester contre les forces de sécurité accusées d'avoir ouvert délibérément le feu sur des civils kurdes.

Une escalade de violence entre l'armée et le PKK

Depuis fin juillet, des combats ont repris entre le PKK et les forces de sécurité turques. Ankara, sous couvert d'attaquer l'Etat Islamique (EI), en a profité pour bombarder les forces du PKK ouvrant la voie à de nouvelles violences. En représailles, le PKK a multiplié les attaques et les attentats plongeant tout le sud-est du pays en un quasi état de guerre.

Une agence de presse progouvernementale a indiqué que depuis fin juillet, les violences avaient tué 118 policiers et soldats et que 1192 membres du PKK avaient été éliminés. Des chiffres contestés vigoureusement par le principal parti pro-kurde de Turquie qui, lui, affirme qu'un grand nombre de civils ont péri sous le feu des forces turques.

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