Trump dénonce de "fausses informations" le liant à Moscou

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Le président élu Donald Trump lors d'une conférence de presse le 11 janvier 2017 à new York

Donald Trump s'en est pris mercredi aux services de renseignement et à la presse pour dénoncer de "fausses informations" sur d'éventuels liens secrets avec Moscou, devenues un des sujets des auditions au Congrès de ses futurs ministres qui se poursuivront jeudi.

"Ce sont des fausses informations. C'est bidon. Ces choses ne se sont jamais passées", a lancé Donald Trump lors de sa première conférence de presse depuis juillet, dans le hall bondé de la Trump Tower à New York, après la publication, par le site Buzzfeed, de 35 pages de notes alléguant de liens de longue date entre son entourage et le Kremlin.

Selon ces documents, à l'authenticité incertaine, les services russes d'espionnage disposent également d'informations compromettantes ("kompromat") compilées au fil des années, notamment sur des rencontres avec des prostituées à Moscou.

Donald Trump et la confiance des Américains

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Le Kremlin a nié l'existence d'un tel dossier.

Le magnat de 70 ans a également annoncé des mesures pour prévenir tout futur conflit d'intérêt, des garde-fous jugés insuffisants par ses opposants démocrates.

Il a tâché de projeter l'image d'un homme prêt à assumer la fonction présidentielle, évoquant la réforme de la santé, la prochaine construction d'un mur à la frontière mexicaine, ou une réorganisation des appels d'offres dans la pharmacie.

Critiques "malavisées"

Mais outré par la diffusion des allégations sur la Russie, il a volé dans les plumes de Buzzfeed --"un tas d'ordures"-- et d'un reporter de CNN, à qui il a refusé d'accorder une question.

La chaîne d'information a rapporté mardi que les chefs du renseignement américain en avaient présenté un résumé de deux pages vendredi à M. Trump, ce que son entourage a démenti.

Le président américain élu Donald Trump donne une conférence de presse à New York, le 11 janvier 2017

Le président américain élu Donald Trump donne une conférence de presse à New York, le 11 janvier 2017

Ces notes ont été rédigées par un ancien agent des services secrets britanniques, Christopher Steele. Il a travaillé plusieurs années à Moscou pour le MI6 et a bonne réputation dans le monde du renseignement, selon le Wall Street Journal qui cite un ancien agent de la CIA.

Le futur commandant en chef s'en est aussi pris aux services américains, se demandant s'ils n'étaient pas la source de ces fuites.

"C'est scandaleux, scandaleux, que les agences de renseignements aient permis (la publication) d'une information qui s'est révélée être erronée et fausse", a-t-il dit. "C'est le genre de choses que l'Allemagne nazie faisait".

Une attaque qui lui a valu une réponse cinglante de l'administration sortante. Ces critiques sont "très malavisées", a lâché le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest.

Le président élu Donald Trump murmure dans l'oreille de sa fille Ivanka  leors d'une conférence de presse le 11 janvier 2016 à New York

Le président élu Donald Trump murmure dans l'oreille de sa fille Ivanka leors d'une conférence de presse le 11 janvier 2016 à New York

Le directeur du renseignement américain, James Clapper, a déclaré pour sa part avoir exprimé mercredi au président élu sa "profonde consternation" après ces fuites, et l'avoir assuré que ses services n'étaient pas à l'origine du rapport ni de sa divulgation.

Au Congrès, l'opposition démocrate ne s'apaisait pas. L'élu Jim McGovern a relevé que "Trump refus(ait) de dire si son équipe avait eu des contacts avec la Russie pendant la campagne".

"Respect" russe

Le futur président a par ailleurs reconnu pour la première fois que la Russie était à l'origine des piratages informatiques du parti démocrate.

La divulgation sur WikiLeaks de milliers de messages avait déstabilisé la candidate.

M. Trump doutait jusqu'à présent du consensus du renseignement américain, qui a publiquement accusé le président russe d'avoir lancé une campagne de piratages et de désinformation pour discréditer la démocrate et aider le républicain.

"Mais je pense aussi que nous avons été piratés par d'autres pays, d'autres gens", a ajouté Donald Trump.

Cela dit, il n'a pas modifié sa ligne consistant à prôner un rapprochement avec Moscou, sanctionnée par Barack Obama en décembre pour ses cyberattaques.

Vladimir Poutine "ne devrait pas faire cela", a regretté le républicain. "Il ne le fera pas. La Russie aura beaucoup plus de respect pour notre pays quand je le dirigerai".

Le président élu Donald Trump lors d'une conférence de presse le 11 janvier à New York

Le président élu Donald Trump lors d'une conférence de presse le 11 janvier à New York

En même temps au Congrès, l'homme qu'il a nommé pour diriger la diplomatie, l'ex-PDG d'ExxonMobil Rex Tillerson, qui sera encore entendu jeudi, s'est démarqué du rapprochement promis par Trump avec Moscou.

"La Russie représente aujourd'hui un danger" et les alliés de l'Otan ont raison de s'alarmer, a déclaré ce novice en politique, en évoquant les opérations russes en Crimée et Syrie.

Moscou devrait aussi figurer au menu des auditions jeudi du futur chef du Pentagone James Mattis et du futur directeur de la CIA, Mike Pompeo.

Donald Trump a enfin annoncé qu'il confierait la direction de l'organisation familiale à ses fils adultes Eric et Donald Jr., ainsi que d'autres réformes destinées à empêcher d'éventuels conflits d'intérêts.

Le futur président ne vendra pas ses actifs dans la Trump Organization, qui a des activités dans 20 pays, mais il en confiera la gestion à un "trust".

Un garde-fou insignifiant, a jugé le directeur de l'agence fédérale chargée de prévenir les conflits d'intérêts dans l'exécutif, Walter Shaub.

Crédits photos : © AFP TIMOTHY A. CLARY

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