Terrorisme : Les prisons européennes seraient la plateforme de recrutement idéale

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Société Une cour de la prison de Fleury-Mérogis, en région parisienne, le 29 octobre 2015
Une cour de la prison de Fleury-Mérogis, en région parisienne, le 29 octobre 2015

Les recruteurs des organisations terroristes se tourneraient de plus en plus vers les prisons pour trouver leurs nouvelles recrues.

Criminalité et terrorisme sont-ils étroitement liés ? C’est en tout cas ce qui ressort d’une étude publiée par les chercheurs du Centre international pour l’étude de la radicalisation et de la violence politique (ICSR) du King’s College London.

Selon ces travaux, les prisons européennes seraient le nouveau terrain de recrutement favori des organisations terroristes qui y trouveraient des candidats faciles à convaincre.

Les écoles religieuses de plus en plus délaissées

Pour les besoins de leurs recherches, les scientifiques se sont penchés sur les profils de 79 djihadistes européens qui ont quitté leurs pays pour combattre ou qui ont été impliqués dans des actes terroristes en Europe. 57% de ces terroristes ont passé du temps en prison avant leur radicalisation et au moins 27% y ont été radicalisés.

Pour les scientifiques, les prisons offrent un vivier « de jeunes hommes en colère » qui sont « prêts à l’emploi ». « Nous observons des radicalisations de plus en plus rapides en prison. Avoir été incarcéré pour des crimes violents facilite le passage à l’extrémisme violent », souligne Peter Neumann co-auteur du rapport. Un rapport qui indique que les organisations terroristes délaisseraient de plus en plus les écoles religieuses pour recruter.

Une forme de rédemption

Pour les scientifiques, les recruteurs promettraient une forme de « rédemption » à ces détenus violents. Le rapport cite l’exemple d’un détenu londonien d’origine syrienne expliquant « vouloir faire quelque chose de bien, de pur » en parlant de sa volonté de rejoindre le djihad.

« Le groupe État islamique représente la brutalité, la force et la puissance que recherchent ces jeunes, souvent d’anciens membres de gangs, affirme Peter Neumann. L’État islamique leur dit en gros : vous pouvez continuer à faire toutes les choses que vous avez faites jusque-là. Mais cette fois, vous irez au paradis. »

Ces travaux risquent de relancer le débat sur la pertinence de créer des quartiers regroupant les détenus extrémistes religieux dans les prisons.

Crédits photos : © AFP/Archives ERIC FEFERBERG

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