Terrorisme en France : le pire reste à venir selon l'ancien juge Trévidic

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Société L'ancien juge antiterroriste Marc Trévidic
L'ancien juge antiterroriste Marc Trévidic

L'ancien juge antiterroriste Marc Trévidic estime que le pire reste à venir concernant des attaques terroristes ayant pour cible la France. Il considère d'ailleurs que l'Hexagone est "l'ennemi numéro 1" de l'État islamique.

Les perspectives de l'ancien juge antiterroriste Marc Trévidic concernant l'avenir sécuritaire de la France sont loin d'apparaître rassurantes pour les citoyens de l'Hexagone. Celui qui est désormais le vice-Président du tribunal de grande instance de Lille estime ainsi que le pire reste encore à venir quant à la menace du terrorisme sur le territoire national.

En plus de considérer, auprès de nos confrères de Paris Match, que la France est désormais l'ennemie à abattre pour l'État islamique : "La menace est à un niveau maximal, jamais atteint jusqu'alors. D'abord, nous sommes devenus pour l'État islamique [EI] l'ennemi numéro un. La France est la cible principale d'une armée de terroristes aux moyens illimités."

Trévidic sur le terrorisme : "Nous sommes devenus pour l'État islamique l'ennemi numéro un"

Et de poursuivre : "Ensuite, il est clair que nous sommes particulièrement vulnérables du fait de notre position géographique, de la facilité d'entrer sur notre territoire pour tous les djihadistes d'origine européenne, ­Français ou non, et du fait de la volonté clairement et sans cesse exprimée par les hommes de l'EI de nous frapper." L'ex-juge antiterroriste avance que l'actuel dispositif de lutte antiterroriste s'illustre malheureusement par une perméabilité, une faillibilité ainsi que par une efficacité moindre qu'auparavant.

Un calquage du "modèle américain" insuffisant pour l'ex-juge

Et quand on lui pose la question de savoir s'il dispose d'éléments concrets pour justifier l'activation de la sonnette d'alarme, Marc Trévidic répond que "ceux que l'on arrête et qui acceptent de parler nous disent que l'EI a l'intention de nous frapper systématiquement et durement". Il n'apparaît pas non plus convaincu que la stratégie du gouvernement français d'attaquer l'organisation terroriste en Syrie soit la bonne : "Procéder à des frappes 'extra-judiciaires' revient à se calquer sur le modèle américain. Cela fait des années que les États-Unis éliminent des chefs, des stratèges, des recruteurs au Yémen, en Afghanistan, en Somalie, mais sans affaiblir les groupes visés. Cela n'a jamais marché !" Et si l'intervention de l'ancien juge antiterroriste peut éventuellement amener le sommet de l'État à revoir son mode d'action, la conclusion de Marc Trévidic se veut glaciale : "Les Français vont devoir ­s'habituer non à la menace des attentats, mais à la réalité des attentats, qui vont à mes yeux immanquablement survenir. Il ne faut pas se voiler la face. Nous sommes désormais dans l'œil du cyclone. Le pire est devant nous."

Crédits photos : capture d'écran YouTube

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