Tension extrême après les bombardements turcs en Syrie

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International
Un soldat turc surveille à l'aide de jumelles la frontière avec le nord de la Syrie, près de Mursitpinar, depuis la ville de Suruc, le 4 octobre 2014

La Turquie a commencé hier à bombarder des milices kurdes en Syrie mais aussi l'armée gouvernementale syrienne créant une tension extrême avec la Russie et des conséquences pouvant être dramatiques.

Le conflit en Syrie a connu hier et cette nuit un rebondissement de très mauvaise augure avec l'intervention de la Turquie. Cette attaque a déclenché la colère de Moscou mais aussi celle de Washington. Une énième provocation turque qui cette fois pourrait déclencher une riposte d'ampleur de la part de l'ours russe.

La Turquie bombarde la Syrie

Hier, l'armée turque a lancé durant plus de trois heures des bombardements près de la ville d'Alep, visant des forces kurdes luttant contre l'Etat Islamique mais aussi l'armée gouvernementale syrienne. Redoutant que les kurdes, alliés des Etats-Unis dans la lutte contre les terroristes de DAESH, étendent leur influence, la Turquie a décidé de passer à l'offensive.

Selon les observateurs sur place, la Turquie a bombardé sans sommations des cibles du Parti kurde de l'union démocratique (PYD). Les attaques ont aussi visé l'armée gouvernementale syrienne, notamment au niveau d'un poste militaire dans la région de Hatay.

Une attaque qui crée une tension extrême

Cette attaque a déclenché l'ire de Washington qui se retrouve dans une situation très inconfortable. Allié des forces kurdes dans la lutte contre l'Etat Islamique, Washington est aussi membre de l'OTAN dont fait également partie la Turquie. Les Etats-Unis ont hier exhorté Ankara de stopper immédiatement leurs attaques mais il semblerait que la Turquie ne l'entende pas ainsi et s'allie aux saoudiens pour lancer une offensive en Syrie.

Les tensions avec la Russie, déjà très élevées après que la Turquie ait abattu un avion russe et les nombreuses provocations turques, devraient atteindre leur paroxysme. Avant hier, le Premier ministre russe avait mis en garde la Turquie et l'Arabie Saoudite en cas d'attaque en Syrie. La réponse russe ne devrait guère tarder et pourrait être cinglante. La Turquie a donc ouvert la boite de Pandore et les conséquences pourraient être terribles.

Crédits photos : © AFP/Archives BULENT KILIC

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