Syrie : des bombardements toujours intensifs sur la ville d’Alep

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Un bâtiment détruit par une frappe aérienne, le 24 septembre 2016, dans la partie est d'Alep, tenue par les rebelles

Après que la trêve ait volé en éclat, les troupes syriennes, aidées par la Russie, ont lancé, durant toute la semaine, des bombardements intensifs en préparation d’une vaste offensive terrestre.

Les frappes de l’armée américaine contre les troupes syriennes, présentées comme une énorme bavure par le Pentagone, mais dénoncées comme étant délibérées par la Russie et la Syrie, ainsi que l’attaque sur le convoi humanitaire attribuée aux djihadistes, ont eu raison de la fragile trêve voulue par Moscou et Washington. Depuis lundi, Alep, ville stratégique dans la guerre qui ensanglante la Syrie, est sous le feu intensif des bombardements russes et syriens, prélude à une vaste offensive terrestre.

5 jours de bombardements extrêmement intensifs

Bachar el-Assad, avec l’appui de son allié russe, entend écraser la rébellion, largement menée par des djihadistes de l’Etat Islamique à Alep. Amplement appuyée par l’aviation russe, l’armée syrienne a lancé une longue campagne de bombardements sur les quartiers rebelles d’Alep où se trouvent pourtant près de 250.000 civils, utilisés comme bouclier humain par les djihadistes.

La pluie de bombes ciblant les activistes n’a cependant pas pu épargner des vies civiles et 7 d’entre eux ont, hier, perdu la vie. La situation dans la ville d’Alep, seconde plus grande ville de Syrie, est dramatique. Les civils se cachent pour éviter les bombes, l’eau a été coupée ainsi que l’éclairage et tout semble manquer dans cette ville quasiment entièrement dévastée. Une vaste offensive terrestre a débuté jeudi et devrait se poursuivre dans les prochains jours. Damas souhaite reprendre cette ville particulièrement stratégique et ainsi donner un tournant à la guerre qui ravage le pays depuis 5 ans.

Des espoirs de paix bien minces

Les espoirs pour la paix en Syrie ou même d’une nouvelle trêve semblent bien minces tant les différences entre les acteurs sont importantes. Walid Mouallem, le ministre syrien des affaires étrangères, a dénoncé à l’ONU : « certains pays continuent de verser des larmes de crocodile sur la situation des Syriens dans certaines zones » tout en « continuant de soutenir et armer les terroristes ».

Moscou et Damas accusent désormais ouvertement les Etats-Unis et leurs alliés d’armer et d’aider les djihadistes tout en jouant un double jeu. La Russie et la Syrie ont, par ailleurs, accusé Washington d’avoir délibérément attaqué des positions syriennes afin d’aider les djihadistes de l’Etat Islamique à reprendre une position stratégique. L’intervention de François Hollande, accusant le régime syrien d’être responsable de l’échec du cessez-le-feu, a été raillée et Damas et Moscou rappelaient que la France avait aussi , en son temps, accusé Damas d’utiliser des armes chimiques alors que les djihadistes en étaient responsables.

Crédits photos : © AFP KARAM AL-MASRI

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