Le Sri Lanka ne compte plus aucun cas de paludisme

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International L'Anophèle femelle, vectrice du paludisme.
L'Anophèle femelle, vectrice du paludisme.

Le Sri Lanka est le deuxième pays d'Asie du Sud-Est à se libérer du paludisme, une maladie qui en 2016 a encore tué 50.000 personnes à travers le monde.

L'OMS a officiellement "libéré" du paludisme le Sri Lanka en l'absence de nouveaux cas depuis 4 ans. Il est ainsi le deuxième pays d'Asie du Sud-Est à avoir pris ce virage, après les Maldives à la toute fin de l'année 2015. Une bonne nouvelle quand on sait que la maladie, appelée aussi malaria, a tué 50.000 êtres humains dans le monde en 2015.

"Un succès jamais vu auparavant" au Sri Lanka

Dans un communiqué, le ministre de la Santé salue le fait que la capitale sri-lankaise "s'est vue présenter le certificat de l'OMS confirmant que le pays est libéré du paludisme". Quant au responsable local de l'OMS, Poonam Khetrapal Singh, il indique que cette éradication "témoigne du courage et de la vision des responsables et montre que de grandes choses peuvent être accomplies quand des actions ciblées sont prises".

Car c'est un gros travail qui a été effectué dans l'île peuplée de 20 millions d'âmes : quand la campagne a été lancée au tournant du siècle, 265.000 cas étaient encore recensés, soit plus d'1% de la population.

Un changement de stratégie déterminant dès 1999

Avant 1999, l'accent avait été mis sur l'éradication du moustique Anophèle, responsable de la transmission du paludisme. Mais devant le succès aléatoire de cette méthode, les autorités ont opéré un changement de cap en 1999. Cette fois, il s'agissait de prévenir la contamination d'homme à homme. Une ligne téléphonique ouverte en permanence qui a permis de recenser les personnes présentant les symptômes, tandis que les prise en charge thérapeutique était standardisée suivant les progrès récents de la médecine.

Pierre-Marie Girard, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine, indique à Libération que "L’éradication n’est pas stable et définitive. Le vecteur, le moustique, est toujours là, il faut prévenir de nouveaux cas et traiter les infections chroniques (...)". Et à l'échelle du globe ? Il affirme : "Aucun pays d’Afrique n’a déclaré avoir éradiqué le paludisme. Même si depuis quinze ans, la fréquence du nombre de cas et le nombre de morts sont en baisse, on est loin, très loin de l’éradication sur la planète".

Crédits photos : James D. Gathany / Wikipedia Domaine public

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