Soupçons de détournement de fonds, les sénateurs LR perquisitionnés

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France
Le Sénat. Image d'illustration.

Hier matin, le Sénat a fait l'objet d'une perquisition assez inédite. Les documents comptables du groupe des sénateurs Les Républicains ont été saisis dans le cadre d'une enquête de détournement de fonds.

La perquisition, menée par les policiers de la Brigade de Répression de la Délinquance Astucieuse (BRDA), n'a visé que les bureaux du groupe Les Républicains du Sénat. Les forces de l'ordre enquêtent sur des possibles détournements de fonds au profit de sénateurs à l'époque sous l'étiquette UMP. Les documents comptables ont été saisis par le juge d'instruction qui avait été chargé, fin 2013, de cette affaire. En plus des détournements de fonds publics, le juge cherche à savoir s'il y a eu, par ailleurs, des faits d'abus de confiance et de recel.

Perquisition dans les bureaux Les Républicains du Sénat

Les policiers ont, selon les témoins, avant tout visé les comptes et les documents du groupe Union Républicaine du Sénat (URS). Cette ancienne association gérait les comptes et les finances du groupe UMP du Sénat d'alors. Le juge en charge de l'enquête avait, en juillet 2015, mis en examen François Thual, l'ancien secrétaire général de l'URS pour détournement de fonds publics.

En 2014, l'ancien secrétaire général du groupe UMP au Sénat expliquait : "J'agissais sur demande. On m'indiquait le montant à débiter au téléphone. Je me rendais à la banque, je récupérais les espèces, glissais les billets dans ma poche et je rentrais en taxi au Sénat". François Thual ajoutait par ailleurs qu'"ils avaient besoin de liquide car les sénateurs avaient des frais, m'expliquait-on au téléphone".

Une enquête sur des paiements en chèques et en espèces

Les enquêteurs cherchent par ailleurs à comprendre l'origine de différents paiements en chèques ou en espèces remis à plusieurs sénateurs UMP. Ils s'intéressent par exemple aux paiements de 4000 euros mensuels remis au Sénateur UMP Henri de Raincourt, paiements qu'il a continué à recevoir alors même qu'il était ministre.

Les accusations de détournements de fonds sont rejetées par les sénateurs Les Républicains. Le groupe avait, en 2014, voulu démentir "formellement tout détournement de fonds publics" justifiant ces versements par des frais de représentation, remboursements des frais de relations publiques des sénateurs et d'autres activités politiques. Les enquêteurs veulent connaitre l'utilisation de près de 400.000 euros dont l'utilisation semble suspecte.

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