Sivens : le militant tué avait les mains en l'air et criait "arrêtez"

Par , publié le
France Une manifestation qui dénonce les violences policières après la mort de Rémi Fraisse.
Une manifestation qui dénonce les violences policières après la mort de Rémi Fraisse.

Selon des témoignages apportés à l'enquête sur la mort de Rémi Fraisse sur le site très contesté du barrage de Sivens, le militant écologiste avait les mains en l'air lorsque le gendarme a lancé la grenade mortelle.

Les juges d'instruction toulousains qui enquêtent sur la mort de Rémi Fraisse durant des échauffourées entre les opposants au projet de barrage et les forces de l'ordre ont récemment recueilli des témoignages qui pourraient relancer la controverse sur l'utilisation inappropriée de la violence lors de ces affrontements et accélérer l'enquête. Ce sont nos confrères de "Médiapart" qui ont révélé ces témoignages qui ont par la suite été confirmés de source judiciaire.

Rémi Fraisse avait une attitude totalement pacifiste

Selon les témoignages livrés aux juges d'instruction, le jeune militant écologiste de 21 ans était pacifiste. Lorsque le gendarme a lancé la grenade qui l'a tué, Rémi "levait les mains" et criait "arrêtez" aux forces de l'ordre.

Selon les témoins, le militant "avait l’intention d’aller dire aux gendarmes de manière candide et naïve d’arrêter en prononçant les mots arrêtez, arrêtez". Les témoins du drame ajoutent par ailleurs que Rémi " était pacifiste et n’avait pas jeté de pierres".

Peut être le début d'une vraie enquête

Les juges toulousains avaient placé le gendarme qui avait lancé la grenade mortelle sous le statut controversé de témoin assisté. Pour Claire Dujardin, l'avocate de la famille du militant écologiste : "Le statut de témoin assisté permet à la fois au gendarme d’avoir accès au dossier mais il veut dire également qu’il n’est pas l’auteur direct de la mort et que, donc, on va continuer les investigations pour savoir s’il n’y a pas d’autres acteurs directs".

Pour l'avocate de la famille, ces derniers témoignages apportent un éclairage nouveau sur les faits et "C’est peut-être le début d’une vraie enquête". En effet, en janvier 2015, l'Inspection Générale de la Gendarmerie Nationale (IGGN) avait blanchi le gendarme en estimant qu'il n'avait pas commis de faute car les avertissements de lancer de grenades avaient préalablement bien été effectués.

Partager cet article

Pour en savoir plus