Sida : un médicament contre l'alcoolisme potentiellement efficace

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Santé Une jeune fille de 18 ans infectée par le virus du sida (VIH) pendant la grossesse de sa mère est en rémission
Une jeune fille de 18 ans infectée par le virus du sida (VIH) pendant la grossesse de sa mère est en rémission

Une étude paraissant en ce mardi révèle qu'un médicament utilisé dans le traitement de l'alcoolisme pourrait également se montrer efficace pour combattre le sida.

Le Disulfirame est un médicament utilisé pour traiter l'alcoolisme. Et dans une étude dont les résultats paraissent en ce mardi dans la revue The Lancet HIV, on apprend que le Disulfirame est capable de réveiller le virus du sida (VIH) dans un organisme contaminé. Un effet facilitant la destruction du virus de même que les cellules hôtes sans provoquer d'effets indésirables chez le patient.

Julian Elliot, premier responsable de l'étude et directeur de la recherche clinique dans le service des maladies infectieuses à l'hôpital Alfred à Melbourne (Australie), indique que si "réveiller" le virus en sommeil est une découverte encourageante en soi, "réveiller le virus est seulement la première étape pour l'éliminer". En ajoutant qu'il est désormais question de travailler "sur la façon de se débarrasser des cellules infectées".

Médicament contre l'alcoolisme : le Disulfirame capable de réveiller le virus du sida dormant

Nous confrères de Ouest-France rappellent que jusqu'à présent, un traitement antirétroviral (ART) communément appelé trithérapie maîtrise le virus chez le patient séropositif sans pour autant le détruire. La difficulté de concevoir un traitement à même de guérir à 100% un malade du sida réside dans le fait que le virus réside dans son organisme sous forme latente, et par conséquent assez peu accessible.

Un résultat restant "insuffisant" pour une experte en immunologie

Pour la directrice de l'Institut Doherty à Melbourne Sharon Lewin, laquelle s'est exprimée par voie de communiqué, "cet essai démontre clairement que le Disulfiram n'est pas toxique et sans danger à utiliser, et qu'il pourrait très probablement être celui qui change la donne". Le professeur Brigitte Autran, experte en immunologie à l'Université Pierre et Marie Curie/Inserm (Paris), a toutefois modéré ces observations dans un commentaire de l'étude : "On est encore très loin d'avoir trouvé la solution pour obtenir une vraie guérison des patients séropositifs et même une rémission qui leur permettrait de se passer de traitement." Fin 2014, on estimait que quelque 36,9 millions de personnes vivaient avec le VIH.

Crédits photos : © AFP/Archives Noah Seelam

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