Sécurité routière : l'Etat va privatiser les radars

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France Photographie d'un panneau annonçant la proximité d'un radar automatique fixe
Photographie d'un panneau annonçant la proximité d'un radar automatique fixe

L’État pourrait confier dès l’année prochaine les radars embarqués dans des voitures banalisées à des sociétés privées.

Privatiser les radars pour dégager du temps pour les forces de l’ordre... Voici le projet que pourrait mettre en place l’État à moyen terme. Une décision qui provoque un tollé chez les associations d’automobilistes.

Vers la privatisation des radars ?

Si le projet du gouvernement est adopté, à partir de 2017, des voitures banalisées appartenant à des sociétés privées pourront flasher les automobilistes. L’objectif d’une telle décision est multiple. L’État compte tout d’abord enrayer la hausse du nombre de morts sur les routes qui a augmenté de 2,4 % sur l’année 2015 (3.464 personnes tuées sur les routes l’an dernier). Une deuxième hausse consécutive.

L’objectif est également de dégager plus de temps pour les policiers et les gendarmes qui pourront alors s’atteler à d’autres missions de sécurité publique. Pour les contrôles radars, il n’est en effet pas obligatoire d’avoir un agent assermenté dans le véhicule, le PV étant constaté et validé par un agent de la police judiciaire de Rennes sur un ordinateur. Troisième raison évidente, rentabiliser le parc de voitures banalisées équipées de radars qui serait actuellement sous-utilisé. La décision permettrait d’ailleurs de faire passer ce parc de 319 à 440 véhicules d’ici à deux ans et de multiplier par 3 ou 4 le temps passer à effectuer des contrôles par chaque véhicule (seulement 1h30 par jour par véhicule actuellement).

Les associations d'automobilistes s’insurgent

Ce sont les sociétés qui gèrent déjà les radars automatiques qui pourraient s’occuper des véhicules banalisés, mais rien n’est encore gravé dans le marbre. Une première expérimentation doit avoir lieu en septembre prochain.

Selon Pierre Chasseray de l’association 40 Millions d’Automobilistes, des dérives sont à craindre. « Les radars ne peuvent pas être gérés par des sociétés privées dont l’objectif est la réalisation de bénéfices et qui flasheront à tout-va. Personne ne sera épargné par ce système impitoyable, car ces voitures fonctionneront à longueur de journée avec pour seul objectif le profit sur le dos des conducteurs. » Selon une étude Harris Interactive dévoilée dans Le Parisien, 83 % des Français s'inquiètent de cette perspective. 76 % estiment que la mesure aura "pour objectif d’augmenter le montant des contraventions collectées par l’État ». Enfin, 86 % craignent que les sociétés concernées ne réalisent des contrôles aux endroits où elles auront le plus de chance de flasher un maximum. L'année dernière, les radars embarqués ont flashé à eux seuls plus de 1,5 millions de fois, contre 20 millions pour les radars fixes et mobiles.

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