Sarkozy préfère réduire la population plutôt que faire de l’écologie ?

Par , publié le | modifié le
France Le candidat à la primaire de la droite, Nicolas Sarkozy, le 4 septembre 2016 à La Baule
Le candidat à la primaire de la droite, Nicolas Sarkozy, le 4 septembre 2016 à La Baule

Nicolas Sarkozy semble être devenu climato-sceptique et parait préférer la solution de réduire la population à réduire notre impact sur l’environnement. Les récents propos du candidat ont effaré un grand nombre de spécialistes.

Selon nos confrères du magazine d’actualités « Marianne », Nicolas Sarkozy serait devenu climato-sceptique et penserait que la solution passerait par la réduction de la population mondiale. Les propos tenus hier, par le candidat au poste suprême, ont choqué un grand nombre de personnes et effaré de nombreux spécialistes.

Remise en question de l’influence de l’homme sur le climat ?

Selon des propos rapportés à l’AFP par Gérald Darmanin, le directeur de campagne de Nicolas Sarkozy, le candidat à la présidence, aurait affirmé : « On a fait une conférence sur le climat. On parle beaucoup de dérèglement climatique, c'est très intéressant mais ça fait 4,5 milliards d'années que le climat change. L'homme n'est pas le seul responsable de ce changement».

L’ancien président français souhaite donc oublier l’écologie et ses douloureuses réformes en focalisant le débat sur la population mondiale : « Je préférerais qu'on parle d'un sujet plus important: le choc démographique. La France doit porter une conférence sur la démographie. Jamais la terre n'a connu un choc démographique tel qu'elle va le connaître, puisque nous serons onze milliards dans quelques années. Là, l'homme en est directement responsable. Et personne n'en parle».

Des propos jugés pitoyables et méprisants

Les propos de l’ancien chef de l’Etat n’ont pas tardé à enflammer le débat et susciter des réactions très vives. Ainsi, l’expert international et ancien vice-président du groupe d’experts étudiant l’évolution du climat (GIEC), Jean Jouzel, n’a pas tardé à réagir avec des mots très durs. C’est « vraiment pitoyable pour quelqu'un qui a lancé le Grenelle de l'environnement »  avant  d’ajouter que ces propos traduisent un véritable « mépris de la communauté scientifique ». Le spécialiste insiste sur les mensonges du candidat : « Sous nos yeux les quantités de gaz à effet de serre augmentent, la température augmente, le réchauffement est bien là et largement d'origine humaine ».

Révoltée par ces déclarations, la ministre du logement, Emmanuelle Cosse, a de son côté déclaré : « C'est hallucinant. Sarkozy nous ramène 15 ans en arrière. On dirait Donald Trump. Nier les effets du réchauffement climatique relève de l'obscurantisme. On dépasse les limites de l'indécence. Voter pour Nicolas Sarkozy, c'est nous mettre en danger. C'est mettre en danger la santé des Français et l'avenir des générations futures ».

Nicolas Sarkozy rejoint le clan des climato-sceptiques

Par ces propos, l’ancien président français montre clairement qu’il a rejoint le clan très fermé des climato-sceptiques. Ce courant de pensée, qui estime que l’homme n’est pas, ou alors de façon négligeable, responsable des bouleversements climatiques, est emmené avant tout par des think tank américains néoconservateurs. Ces groupes, financés par de grosses multinationales, généralement issues de l’industrie pétrolière, tentent d’influencer par un lobbying extrêmement agressif les conclusions remises par les experts climatologues afin que des lois écologistes allant à l’encontre des intérêts des multinationales ne soient votées.

En préférant parler de la nécessité de réduction de la population mondiale, Nicolas Sarkozy risque, une fois de plus, de faire vibrer la sphère dite « complotiste » qui croie à l’existence d’un groupe de personnes très influentes qui manipulent les hommes politiques afin de mettre en place un nouvel ordre mondial. Selon ces groupes jugés comme complotistes, le nouvel ordre mondial passerait par une réduction massive de la population humaine. Une théorie que les récentes déclarations de l’ancien chef de l’Etat viendraient donc renforcer auprès de ces communautés toujours plus nombreuses et actives sur Internet.

Cependant, le candidat à la présidence compte peut-être sur la guerre totale qu’il entend mener contre le terrorisme pour réduire notablement la population mondiale. Il est vrai que l’initiative du grenelle sur l’environnement qu’avait mis en place Nicolas Sarkozy avait finalement été un échec par manque de volonté politique. Il est évident que vouloir réduire la population semble un objectif bien plus facile à atteindre que celui de protéger notre planète et la rendre pérenne pour les générations futures.

Crédits photos : © AFP JEAN-SEBASTIEN EVRARD

Partager cet article

Pour en savoir plus