La radicalisation extrémiste à la prison de Béziers inquiète

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France Le centre pénitentiaire de Béziers. Capture d'écran de Google Street View.
Le centre pénitentiaire de Béziers. Capture d'écran de Google Street View.

Les autorités ont récemment été alertées par le phénomène de radicalisation au sein du centre pénitentiaire de Béziers. Surveillants et familles de détenus s'inquiètent.

Le syndicat Ufap-Unsa des surveillants pénitentiaires s'inquiète des changements observés sur certains détenus. Selon les gardiens de prison, des détenus radicalisés incitent par divers moyens d'autres détenus à se convertir à une forme radicale de l'islam. Une mère de famille a par ailleurs fait part de son désarroi face à la radicalisation de son fils détenu.

Deux détenus suspectés d'inciter à la radicalisation

Selon le syndicat de surveillants pénitentiaires, une vingtaine de détenus de la prison de Béziers feraient l'objet "d'un suivi attentif". Le ministre de la Justice a confirmé qu'"un certain nombre de détenus font l'objet d'un suivi attentif pour les risques qu'ils présentent en termes de prosélytisme, mais surtout parce qu'ils pourraient rentrer dans un processus de radicalisation".

Pour les surveillants de la prison, deux détenus très connus seraient à l'origine de cette vague de radicalisation inquiétante au sein de l'établissement pénitentiaire. Les gardiens évoquent ainsi : "deux meneurs qui entraînent les autres, des appels à la prière, des chants coraniques. Plusieurs qui n’avaient rien à voir avec la radicalisation se mettent à rendre leur téléviseur pour se procurer le coran. Certains, par peur, vont rejoindre ces détenus radicalisés". Les gardiens de prison évoquent par ailleurs les pressions réalisées pour que certains détenus se convertissent et le fait qu'ils utilisent la peur et les menaces comme moteur de cette radicalisation.

Le procureur assure être très vigilant

Yves Calvet, le procureur de la République de Béziers, se veut rassurant lorsque l'on parle de radicalisation : "cela devient une infraction quand il y a apologie de terrorisme. (...) Nous sommes très vigilants", en ajoutant : "dans la période que nous vivons, il peut y avoir une perception particulière de ce phénomène et il faut être prudent. Tant que l'on en est à une application très stricte de la religion, rien n'est répréhensible".

Le syndicat des surveillants de prison a demandé, afin de stopper la contagion, que les deux meneurs soient transférés dans une autre prison. Certains centres pénitentiaires expérimentent le regroupement des principaux détenus reconnus comme radicalisés. Cette méthode fait débat notamment pour la contrôleuse générale des prisons qui a mis en garde sur les risques liés à la cohabitation de détenus dont le niveau de radicalisation est différent.

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