Un prof de la Sorbonne porte plainte contre les violences policières

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France Photo d'illustration. Une patrouille de police à pied à Paris.
Photo d'illustration. Une patrouille de police à pied à Paris.

Un enseignant-chercheur de la Sorbonne va porter plainte aujourd’hui contre des policiers qui l’ont agressé alors qu’il filmait une intervention très musclée de la police contre une femme noire.

Guillaume Vadot est enseignant-chercheur à la Sorbonne. Lors d’une conférence de presse donnée hier, le professeur de 28 ans assure avoir subi des violences policières, des insultes, des menaces et intimidations de la part de policiers. Son tort, avoir filmé, jeudi dernier,  l’interpellation très musclée, à la sortie du RER, d’une femme noire n’ayant pas de ticket.

Violenté pour avoir filmé une interpellation disproportionnée

Durant la conférence de presse, M. Vadot a expliqué avoir été témoin de l’interpellation particulièrement musclée « d’une femme noire » à la sortie du RER D. Le jeune professeur explique que ce sont les cris de la femme qui ont attiré son attention. Les menottes avaient manifestement été placées de telle façon à la faire souffrir. Il semblerait que l’origine de cette interpellation serait, selon le jeune homme, lié à « un problème de ticket ».

L’enseignant décide alors de filmer la violence de l’interpellation qui lui semble totalement exagérée. C’est alors que le chercheur se retrouve face à un agent de police. Le policier lui indique qu’il va procéder à un contrôle d’identité. C’est là que le calvaire du jeune homme va commencer.

Des menaces, des insultes et des violences

Guillaume Vadot explique que des policiers l’ont, dans un premier temps, immobilisé contre une porte avant de l’insulter et de menacer de le tuer. Afin d’affirmer leur autorité, le jeune homme assure que les policiers l’ont frappé à la cheville ainsi qu’à la cuisse avant de lui administrer une décharge de taser dans le bras. Ironiquement, les policiers lui ont demandé « si ça piquait ». Le jeune professeur raconte par ailleurs que les policiers en ont profité pour réaliser des attouchements aux fesses.

Dans son récit le jeune homme décrit de façon effrayante ce contrôle : « On m’a fait une clef de bras pendant dix minutes et on m’a crié que j’étais un pédé, qu’on allait me crever là dans les dix minutes. Puis en plaçant une main sur ma fesse gauche, qu’on allait me violer et que j’allais voir si je pouvais continuer à jouer avec la police. J’ai aussi entendu qu’on me parlait de l’Etat Islamique. On m’a demandé si une fois que Daech viendrait à la Sorbonne, je les regarderais en me masturbant. Et enfin, en regardant ma carte d’électeur, on m’a dit : 'Tu habites là ? On va venir chez toi. On va venir à la Sorbonne, ta titularisation tu peux te la mettre ».

Plainte pour agression contre des policiers

Les policiers l’ont finalement libéré non sans prendre bien soin « d’effacer les deux vidéos » de la scène. La préfecture de police a pris l’histoire du jeune homme au sérieux et a confirmé l’existence d’un contrôle à ce moment là. La préfecture de police assure par ailleurs que « Le cas échéant, la préfecture de police saisira l'IGPN (Inspection générale de la police nationale, NDLR) pour faire la lumière sur les circonstances ».

Réticent à porter plainte auprès du commissariat où sont rattachés les policiers, le jeune professeur s’est cependant décidé à déposer une plainte aujourd’hui. Guillaume Vadot a finalement conclu la conférence de presse par : « Ce qui est arrivé à mon avis est banal. Ce qui n'est pas banal, c'est que ça me soit arrivé à moi ».

Crédits photos : Tutti Frutti / Shutterstock.com

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