Mort de Camille : le procès des deux médecins renvoyé à novembre

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France
Les couloirs d'un hôpital (photo d'illustration)

Vendredi, deux médecins devaient être jugés aujourd'hui à Créteil pour homicide involontaire après le décès d'une fillette de 6 ans au CHU du Kremlin-Bicêtre en 2009. Le procès a été reporté à novembre.

"On attend ce procès depuis tant d'années, c'est inadmissible. Je suis anéantie. Un dossier d'erreur médicale, ça ne prend pas cinq minutes, ils auraient pu prévoir". Ce cri déchirant, c'est Monique, maman de la petite Camille décédée en 2009 qui le lance.

Elle réagit ainsi après le report en novembre du procès de deux médecins qui devait se tenir aujourd'hui à Créteil. Un chirurgien et une anesthésiste jugés pour homicide involontaire. Retour sur les faits.

Créteil : le procès des deux médecins reporté

Mais tout d'abord, pourquoi un report du procès aussi loin dans le temps ? Un autre procès était finalement à l'ordre du jour, et prévu pour durer plusieurs heures. Pour l'avocate des parents, "après l'erreur de l'hôpital, l'erreur de la justice. Mes clients continuent de payer les pots cassés". 

Et Monique, la moment, d'ajouter : "La juge a dit que ça pouvait attendre parce qu'on a déjà été indemnisé. Mais on a perdu notre fille! L'argent ne nous la ramènera jamais. Je suis choquée". 

Retour sur la mort de Camille en 2009

Le 24 septembre 2009, Camille est admise au CHU du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) pour des infections urinaires chroniques. Après son opération chirurgicale, elle souffre de vomissements, de fièvre, et son rythme cardiaque s'emballe. Quelques heures plus tard, elle succombe à un "choc sceptique", comme le relèvera l'autopsie plus tard.

Le fil des erreurs a été remonté : 3 jours après son opération, une bactérie est décelée dans les urines de Camille. Seulement, le chirurgien établit un diagnostic erroné, et impose un antibiotique qui se révèlera insuffisant et non adapté à son cas. Dans la nuit qui suit, une anesthésiste de garde, devant la persistance des symptômes, prescrit un autre antibiotique, en intraveineuse cette fois, mais ne se rend pas au chevet de la fillette. Les experts estimeront plus tard que si elle avait été transférée dans un service de réanimation, elle serait encore en vie. De fait, la découverte de la bactérie aurait dû conduire au report de l'opération, mais le chirurgien comme l'anesthésiste n'ont pas procédé à la lecture des résultats d'analyse.

Si le chirurgien assume sa responsabilité, indique que c'était "avant tout à l'interne (...) et à l'infirmière" de procéder à cette vérification dans le dossier médical.Quant à l'anesthésiste, elle avance que "ce n'était pas dans les attributions systématiques de l'anesthésiste" de s'assurer de la mise à disposition de cet examen. Cette responsabilité incombe selon elle au chirurgien et à l'interne de garde.

Quoi qu'il en soit dans le CHU, depuis ce drame, une check-list est vérifié avec tous le personnel médical du bloc opératoire avant toute opération.

Crédits photos : VILevi/Shutterstock

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