Procès Faïd : le témoignage poignant du coéquipier d’Aurélie Fouquet

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France Redoine faid

Hier, Thierry Moreau, le coéquipier d'Aurélie Fouquet présent à ses côtés lors de la fusillade en 2010 à Villiers-sur-Marne a livré son témoignage poignant sur le jour du drame qui a vu la jeune policière municipale mourir.

"Je suis un survivant de cette tuerie". C'est par ces mots que Thierry Moreau, policier municipal et ancien coéquipier d'Aurélie Fouquet, s'est présenté pour livrer son témoignage sur la fusillade du 20 mai 2010 qui avait vu Aurélie Fouquet tomber sous les balles des braqueurs. Emu et toujours très affecté par cette journée, le policier a livré un témoignage bouleversant de cette fatidique journée.

Le récit poignant du policier municipal

En ce jour du 20 mai 2010, Aurélie Fouquet et Thierry Moreau, deux policiers municipaux, sont envoyés en patrouille à Villiers-sur-Marne. Le braquage raté de Redoine Faïd et de ses complices tourne à la fusillade et s'en suit une course folle sur l'autoroute A4. On demande aux deux policiers municipaux de se placer près d'un carrefour uniquement pour informer si les braqueurs prennent cette route.

La camionnette blanche des braqueurs percute un véhicule et se couche sur le flanc à peu de distance des policiers. Thierry Moreau a tout juste le temps de se demander "ce que c’est que ce bordel" et de voir deux braqueurs les mettre en joue, arrosant copieusement le véhicule de police de rafales de kalachnikov. "Là a commencé l’enfer" précise le policier.

Le récit bouleversant de la mort d'Aurélie Fouquet

Le policier indique alors : "Je me suis couché en entraînant ma collègue, mais pas assez rapidement vu le résultat. Ça a duré une éternité, j’ai vu toute ma vie défiler devant moi…", précisant, à la demande du juge, que cela a duré "assez longtemps pour entendre les impacts dans tout l’habitacle, pour sentir la fumée et l’odeur du sang de ma collègue".

Lorsque les tirs se sont calmés, le policier indique : "Je me retourne vers ma collègue…" puis prenant une pause pour contenir son émotion et se tournant vers la famille de son ex coéquipière ajoute qu'elle avait : "les doigts arrachés, le cuir chevelu du côté droit complètement décollé". Toujours consciente, il parvient à la sortir du véhicule et la "met en protection derrière la voiture" pour passer en mode riposte.

Le policier continue en précisant : "Je sentais que ça allait continuer, explique-t-il. Aurélie m’a dit : - Continue à tirer, j’ai pas envie de mourir - C’était ses derniers mots". Thierry Moreau continue son témoignage en ajoutant qu'il a vu un individu s'approcher : "une kalach à la hanche». «Je me suis dit : - C’est bon, il va nous achever -. Il avait l’air d’être étonné qu’il y ait des survivants dans cette tuerie".

Ils voulaient tuer du flic

Le policier, touché lui aussi à l'épaule, tire à cinq reprises sur les malfaiteurs, certain d'en avoir touché un. Les braqueurs se retirent dans un autre véhicule en prenant soin de charger le contenu de la camionnette renversée. Le policier précise qu'"Ils sont repartis comme s’ils sortaient de chez Lidl avec leurs courses, bien détendus". Les malfaiteurs s'échappent en reprenant l'autoroute, pensant les deux policiers morts.

En guise de conclusion, Thierry Moreau pense que les braqueurs "voulaient tuer du flic". L'affaire avait à l'époque fait grand bruit et Nicolas Sarkozy avait sauté sur l'occasion pour lui donner une dimension médiatique et surtout politique.

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