Prison : bientôt des seringues pour les détenus toxicomanes ?

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Santé
Photo d'illustration. Une seringue.

Un projet de décret prévoit de mettre à la disposition des détenus toxicomanes des seringues propres et des stupéfiants répertoriés. Une disposition pourrait même permettre aux prisonniers de se droguer avec ces seringues dans leur cellule.

Il y a quelques mois, une mesure prévoyant la mise en place d'un dispositif de santé pour les détenus toxicomanes était adoptée dans le cadre de la loi Santé de Marisol Touraine. Plus précisément, ce projet de décret visait à permettre de limiter les risques de maladies en prison découlant d'une toxicomanie.

Comme le rapportent nos confrères de RTL, la drogue dure au sein des établissements pénitentiaires est une réalité pour les détenus qui y résident. S'il apparaît difficile de les convaincre de stopper cette consommation, les autorités avaient au moins à cœur d'encadrer cette dernière, d'où ce décret en préparation. En effet, les prisonniers fabriquent eux-mêmes leur drogue et se l'injectent avec des seringues présentant des risques pour la santé.

Seringues dans les cellules ? Un décret discuté

Il a donc été conjointement décidé, du côté des ministères de la Santé et de la Justice, de permettre aux détenus toxicomanes d'accéder à des seringues propres. Il va également être question de leur fournir des stupéfiants, mais seulement ceux répertoriés. Enfin, cette consommation ne pourra s'effectuer sans la surveillance de médecins.

C'est toutefois en lisant l'article 26 du projet de décret que l'on peut possiblement mieux saisir le pourquoi de la gronde des organisations syndicales. Ce texte stipule en effet que, sous certaines conditions, des détenus pourraient se voir délivrer l'autorisation d'utiliser les seringues fournies par les autorités dans leur cellule.

"Une menace de plus" pour les surveillants

Les surveillants estiment que permettre l'entrée légale dans les cellules de seringues, même propres, constitueraient "une menace de plus" à leurs yeux. Les détenus concernés pourraient ainsi par exemple se servir de ces objets contre les responsables pénitentiaires.

Peut-on imaginer que les surveillants de prison obtiennent gain de cause ? Le 4 janvier dernier, des discussions ont eu lieu avec l'administration pénitentiaire et n'ont pas abouti à un accord. Une nouvelle rencontre est attendue pour le 9 janvier prochain, avec le vraisemblable objectif pour les deux parties de finalement parvenir à un consensus.

Crédits photos : MorgueFile

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