La première salle d’injection destinée aux toxicomanes ouvre demain à Paris

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Société Un homme se pique une veine avec une seringue, le 11 août 2003 à Paris
Un homme se pique une veine avec une seringue, le 11 août 2003 à Paris

La première salle d’injection destinée aux toxicomanes va ouvrir mardi à Paris. L’expérience doit permettre de mieux accompagner les usagers dans leur démarche de soin.

Après des mois de polémiques et de débats, les « salles de shoot » (en grande partie à cause de cette appellation utilisée par leurs détracteurs) vont enfin pouvoir prouver leur utilité sur le terrain.

Selon les informations du journal Le Monde, l’hôpital Lariboisière situé sur les 10e et 18e arrondissements de Paris va en effet ouvrir demain la première salle de consommation à moindre risque (SCMR).

Contrôle et accompagnement des toxicomanes

À l’évocation des « salles de shoot », beaucoup y voyaient un lieu glauque où les toxicomanes pourraient se réunir pour consommer de la drogue en toute impunité. Une vision très éloignée de la réalité. Sous son appellation officielle de salle de consommation de drogues à moindre risque, cette première ouverture dans l’établissement de santé parisien permettra bien à ses usagers de consommer des drogues, mais sous l’encadrement de professionnels de santé.

La salle de l’hôpital Lariboisière, d’une superficie de 430 m2, dispose d’un accès sur la rue et ne permet pas de pénétrer dans les autres locaux de l’établissement. De plus, l’endroit comporte une salle de repos qui évitera aux toxicomanes de ressortir immédiatement après la prise de drogues. Les usagers seront encadrés par des personnels sanitaires et sociaux qui auront pour missions principales d’inciter ces derniers à se soigner et de les accompagner dans cette démarche.

La salle fournira également le matériel nécessaire pour limiter les risques d’infections et interdira l’entrée ou la sortie de matériel vers l’extérieur. Le lieu pourra accueillir jusqu’à 200 personnes par jour.

Prochaine ouverture à Strasbourg

L’expérimentation des salles de shoot est inscrite dans la loi santé adoptée en décembre dernier par le parlement. Cette première phase de test devrait durer 6 ans. Une autre ouverture est prévue à Strasbourg dès cet automne.

Dans les secteurs des villes où de telles salles existent, une diminution de 70 % de la petite délinquance liée à la consommation de drogue a été constatée.

Crédits photos : © AFP/Archives MARTIN BUREAU

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