Première mondiale : une greffe de foie entre deux séropositifs

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Santé Des chirurgiens au bloc opératoire - photo d'illustration
Des chirurgiens au bloc opératoire - photo d'illustration

Une première mondiale vient d'avoir lieu en Suisse, celle d'une greffe de foie opérée entre deux personnes séropositives. Le receveur n'aurait depuis connu ni rejet, ni recrudescence virale.

Bien que venant d'être révélée lundi dans l'American Journal of Transplantation, cette première mondiale remonte cependant à l'année dernière. C'est ainsi en Suisse, et plus particulièrement au sein des hôpitaux universitaires de Genève (HUG), qu'a eu lieu la première greffe de foie entre deux personnes séropositives.

Nos confrères de Pourquoi Docteur ?, qui rapportent l'information, ajoutent pourtant que ce type d'intervention est autorisé depuis maintenant une décennie en Suisse, où le feu vert pour des dons d'organe entre séropositifs a en effet été donné en 2007.

Greffe de foie entre séropositifs : des risques évoqués

En 1989, un homme apprend sa séropositivité, et avant son décès à 75 ans d'une hémorragie cérébrale, avait accepté de faire don de ses organes. L'homme ayant reçu son foie avait quant à lui été informé de sa séropositivité en 1987, et n'ignorait pas les risques d'une telle intervention.

Les chirurgiens se seront ainsi voulu informatifs quant à la probabilité qu'une transmission d’une nouvelle souche du VIH, rendue possible par la greffe, perturbe l'efficacité de la trithérapie. Il était également redouté que l'organe transplanté n'en soit rejeté. Les deux patients concernés avaient beau ne plus avoir de charge détectable au fil de leur suivi, il a finalement été décidé d'un traitement adapté.

Pas de rejet six mois après

Six mois après la greffe, il s'avère que le receveur n'a enregistré ni recrudescence virale, ni rejet de l'organe. Pour Alexandra Calmy, responsable de l’unité VIH/SIDA aux HUG, il était nécessaire de ne négliger aucune des deux parties concernées dans l'intervention :

"Le donneur est aussi important que le receveur puisqu’on doit trouver un traitement qui puisse stopper la multiplication du virus du donneur et du receveur. C’est un double défi pour lequel on a assez peu de temps : lorsqu’on nous appelle, c’est de manière impromptue et forcément urgente." Les États-Unis ont réalisé une greffe semblable en mars dernier et l'on apprend enfin que la France est en train de réfléchir à se lancer, à son tour, dans cette aventure.

Crédits photos : wavebreakmedia/shutterstock.com

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