Pologne : l'interdiction totale de l'IVG examinée au Parlement

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International Une manifestation anti-IVG à Cracovie en 2014.
Une manifestation anti-IVG à Cracovie en 2014.

Le Parlement polonais se penche aujourd'hui sur une proposition de loi visant à interdire totalement le droit à l'avortement.

L'offensive des anti-avortement en Pologne se poursuit. Jeudi, le Parlement examine un projet de loi prévoyant des peines allant jusqu'à 4 ans de prison pour les personnes qui pratiquent l'IVG.

A l'heure actuelle, le pays est doté d'une loi déjà restrictive en la matière, puisqu'elle autorise l'IVG dans trois cas : risque pour la vie ou la santé de la mère, examen prénatal révélant une grave et irréversible maladie chez l'embryon, et grossesse consécutive d'un viol ou d'un inceste.

Le comité Stop Avortement à l'attaque...

Les partisans pro-vie, regroupés au sein du comité Stop Avortement sont à la tête de cette fronde, et sont soutenus par le parti Droit et Justice (PiS) qui a remporté des élections en octobre. Désormais, les conservateurs catholiques sont majoritaires au Parlement.

Les artisans du texte d'initiative populaire avaient collecté plus de 500.000 signatures pour le porter au Parlement, quand 100.000 auraient suffi à cela. Ce texte de loi, outre les peines de prison prévues et citées plus haut, fait obligation à l'Etat et aux collectivités locales de soutenir femmes et familles élevant des enfants handicapés ou nés à la suite d'un viol ou d'un inceste.

... Le collectif Sauvons les Femmes résiste

Sylwia Zborowska, du Centre d'initiatives pour la vie et la famille (une des ONG à l'origine du texte de loi) a déclaré à l'AFP : "Nous espérons que le texte sera adopté vite, dans les plus brefs délais et qu'il entrera en vigueur avant la fin de l'année".

Mais en face, les militants pro-choix se défendent et ont créé le comité Sauvons Les Femmes. Ils ont, après avoir recueilli 215.000 signatures, déposé une proposition de loi prévoyant de pouvoir pratiquer un avortement sans conditions jusqu'à la 12e semaine de grossesse et, après ce délai, dans les cas autorisés par la loi actuelle. Mais étant donnée la composition du Parlement, leurs espoirs pourraient être très rapidement douchés.

Crédits photos : De Visu / Shutterstock.com

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