Pollution : Royal déplore des règlementations violées par les constructeurs automobiles

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Ségolène Royal
Ségolène Royal

La ministre de l'Écologie Ségolène Royal déplore aujourd'hui le non respect des règlementations en matière de pollution par les constructeurs automobiles. Ces derniers venant même de se voir autorisés par le Parlement européen à émettre plus de gaz polluants.

Mercredi, le Parlement européen a adopté de nouveaux tests visant à assouplir les normes antipollution en vigueur. Un vote que la ministre de l'Écologie Ségolène Royal déplore, alors qu'il y a deux semaines de cela, elle avait requis du constructeur automobile Renault qu'il rappelle ses véhicules ne respectant pas ces normes.

Interrogée par Le Parisien sur une protection de l'air supposément mise à mal par le vote des députés européens, la ministre répond par l'affirmative : "Oui, on peut le dire. Instaurer des normes plus laxistes, c'est comme donner un droit à polluer aux constructeurs automobiles. Ces derniers ont obtenu le doublement des normes d'émission des oxydes d'azote, les NOx, en contrepartie de nouveaux tests plus rigoureux qui incluraient des contrôles sur route. Le poids des lobbys a malheureusement pleinement pesé sur cette décision. On observe exactement la même chose avec les chimistes et leurs pesticides."

Ségolène Royal sur les normes antipollution : "pas un constructeur automobile testé n'est dans les clous"

Conséquemment à la révélation du scandale Volkswagen, Ségolène Royal avait soumis la proposition d'un système de contrôle aléatoire. Elle indique aujourd'hui que les tests conduits jusqu'ici dans le cadre de ce système n'apparaissent en faveur de personne, ou presque : "A la fin du mois, nous aurons testé la moitié des véhicules, soit une bonne cinquantaine. Les derniers résultats sont assez édifiants puisque pas un constructeur automobile testé n'est dans les clous. Tous dépassent ce que la réglementation autorise actuellement en matière d'émissions. Avec des niveaux qui peuvent atteindre entre 5 et 11 fois les normes ! Alors certes, les tests de contrôle sur route, qui vont être mis en place dans tous les pays de l'Union européenne, permettront de réduire ces niveaux d'émission. Un vrai progrès donc, selon le lobby des constructeurs automobiles. Mais dans la réalité, cela signifie bien un doublement du niveau autorisé des émissions de NOx dans l'atmosphère. Et ça, l'opinion publique va avoir du mal à le comprendre."

Le niveau réel des émissions pas contrôlé selon la ministre

Pour expliquer la situation présente, la ministre de l'Écologie parle d'un "niveau réel des émissions [qui] n'était pas contrôlé" et des "tests effectués en laboratoire [...] largement insuffisants". Et d'ajouter qu'"Il a fallu attendre le scandale Volkswagen pour mettre tout ça à jour. Et les constructeurs ne peuvent pas dire qu'ils l'ignoraient. Ils optimisaient même leurs véhicules pour réaliser le passage à l'homologation ! Jusqu'à aller pour certains d'entre eux à la fraude, comme Volkswagen. Ils se disaient : 'Si le voisin ne fait pas un effort, pourquoi moi j'en ferais un ?' C'est une compétition. D'où la commission technique indépendante." On apprend pour fournir que le dispositif dans son intégralité "coûtera 500.000 €" et que la France envisage de le vendre aux autres pays membres de l'Union européenne.

Crédits photos : ML HAROT / FTV/phototélé

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