Pollution routière : des enfants plus exposés aux leucémies ?

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Santé L'autoroute A6 près de Lyon, le 25 juillet 2015
L'autoroute A6 près de Lyon, le 25 juillet 2015

Les enfants vivants relativement près des grands axes routiers présenteraient un risque plus conséquent de contracter une leucémie aigüe myéloïde.

À moins d'afficher une constitution significativement opposée à celle d'un être humain lambda, la pollution routière se veut néfaste pour tout un chacun. Et si ce constat concerne de manière assez logique les enfants, on apprend qu'une exposition de ces derniers à la pollution routière des grands axes peut motiver le développement d'une leucémie aigüe myéloïde (LAM).

C'est une étude parue il y a quelques jours dans l'American Journal of Epidemiology, et que l'on doit à des chercheurs français, qui nous révèle cette observation. Laquelle a demandé à ces scientifiques de se pencher sur les données préalablement récoltées par l'association Airparif, chargée de surveiller la qualité de l'air.

Leucémie : plus de cas chez les enfants vivant près des grands axes routiers

Ils ont également exploité 2.760 cas de leucémies, comprenant 418 cas de LAM rencontrés chez des enfants entre 2002 et 2007. Des données que les chercheurs ont mis en opposition à celles de 30.000 enfants en bonne santé. Et ces chercheurs de découvrir que les leucémies myéloblastiques se voudraient 30% plus fréquentes chez les enfants vivant à moins de 150 mètres des grands axes routiers. Avec une probabilité doublée si ces mêmes enfants sont exposés à une concentration annuelle moyenne de benzène de 1,3 microgramme par m³.

Des recherches qui vont maintenant concerner toute la France

Nos confrères de Pourquoi Docteur ? précisent que la limite actuellement observée est de 5 microgrammes de benzène par m³, avec un objectif de qualité quant à lui fixé à 2 microgrammes. Denis Hémon, directeur de recherche Inserm et responsable de l'étude, indique que cette enquête revêt une importance jamais relevée jusqu'à alors, après avoir déclaré qu'"une vingtaine d’études ont déjà été réalisées sur le sujet, mais [que] les observations divergeaient. Certains travaux d’ampleur ont conclu à un lien entre l’exposition au benzène et les leucémies, alors que des études menées sur des échantillons plus petits n’arrivaient pas à la même conclusion." Il va désormais s'agir pour ces scientifiques d'étendre leurs recherches au niveau national, en se basant notamment sur les données récupérées par l'Airparif au niveau des grandes villes de l'Hexagone.

Crédits photos : © AFP/Archives Romain Lafabregue

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