Pollution au diesel : Des effets sur le foetus sur deux générations

Par , publié le
Santé Vue de Paris lors d'un épisode de pollution aux particules, le 18 mars 2015
Vue de Paris lors d'un épisode de pollution aux particules, le 18 mars 2015

Selon des travaux coordonnés par l’Inra, la pollution aux particules fines affecterait les fœtus sur plusieurs générations.

Ce n’est plus un mystère, la pollution aux particules fines est une problématique de santé publique trop longtemps sous-estimée par les autorités. À mesure que les études passent, les effets néfastes de la pollution au diesel se précisent.

Une nouvelle étude coordonnée par l’Institut national de recherche agronomique (Inra) démontre que les particules fines ont des effets néfastes sur le métabolisme du fœtus. Des effets qui peuvent se transmettre sur deux générations.

Retard de croissance du fœtus

Pour mener à bien leurs travaux, les scientifiques ont étudié les effets des particules fines des lapines gestantes ayant inhalé des gaz d’échappement de moteur diesel. Ces derniers contenaient seulement les particules ultrafines ou nanoparticules rejetées par les moteurs diesel à un taux similaire à l’exposition quotidienne d’une personne habitant dans une grande ville européenne.

À la moitié de la gestation, des signes de retard de croissance chez les fœtus ont été observés, notamment au niveau de la tête, ou du tour de taille. Des effets similaires à ceux observés chez l’humain. Les particules fines freinent l’apport sanguin au placenta et réduisent l’apport de nutriment au fœtus et pire, traversent le placenta et se transmettent donc au fœtus.

Les particules fines néfastes sur plusieurs générations

Le plus inquiétant dans cette étude intervient lorsque les scientifiques ont tenté d’accoupler une lapine issue d’une portée exposée aux gaz d’échappement à un mâle qui n’a pas été exposé. La même contamination aux nanoparticules a été constatée, entraînant « des anomalies dans les échanges de lipides entre la mère et le fœtus, montrant l’effet de l’exposition à la pollution à la 2e génération » selon les chercheurs.

Les scientifiques conseillent donc aux femmes enceintes d’être particulièrement vigilantes lorsque des pics de pollution sont signalés et d’éviter les activités en plein air près des grands axes routiers qui les soumettraient à la pollution aux particules fines.

Crédits photos : © AFP Franck Fife

Partager cet article