Pôle Emploi fait-il le forcing pour former 500 000 chômeurs ?

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Économie Le logo d'une agence  Pole Emploi à Montpellier, dans le sud de la France le 27 avril 2016
Le logo d'une agence Pole Emploi à Montpellier, dans le sud de la France le 27 avril 2016

Selon une note interne dévoilée par Le Canard Enchaîné, la direction de Pôle Emploi fait le forcing auprès de ses agents pour que ces derniers trouvent coûte que coûte une formation aux demandeurs d'emploi.

L’inversion de la courbe du chômage est l’un des enjeux majeurs pour la fin quinquennat du gouvernement et plus particulièrement pour François Hollande. Le président de la République clame régulièrement qu’il parviendra à inverser la tendance à la hausse du nombre de chômeurs en France et a promis à plusieurs reprises qu'il ne se représenterait pas si ça n'était pas le cas.

La pression est donc forte sur les organismes de reclassement et plus particulièrement à Pôle Emploi qui ferait subir une forte pression à ses agents afin que ces derniers trouvent des formations aux personnes sans emploi selon une note interne dévoilée par Le Canard Enchainé.

Forcer les entrées en formation

Selon le document révélé par le journal satirique, les cadres de Pôle Emploi doivent tout faire pour  faire entrer en formation 500 000 nouveaux chômeurs d'ici fin 2016 pour faire baisser les chiffres des catégories A,B ou C, scrutées de près par les autorités. Les chômeurs en formation passent en effet dans la catégorie D.

Au total, 1 million de chômeurs devront avoir bénéficié d'une formation sur l'ensemble de l'exercice 2016. Il est ainsi demandé aux conseillers de trouver "2,2 millions de demandeurs d'emploi à mobiliser pour promouvoir la démarche de formation" chaque conseiller ayant pour objectif de présenter une démarche de formation à au moins "15 demandeurs d'emploi par mois".

Les agents dénoncent cette politique

Interrogé par Le Canard Enchainé, plusieurs agents Pôle Emploi s'élèvent contre ces pratiques qui passent pour du remplissage plus que pour de l'accompagnement réel vers l'emploi. "On est soumis à une pression incessante, on racle tous nos fonds de tiroirs pour retrouver ceux qui ont émis un souhait de formation", un autre d'ajouter,  "L'an dernier, au bout de six mois, on disait non à presque tout le monde, il n'y avait plus un rond pour financer les formations qui coûtent souvent cher. Maintenant, c'est tapis rouge, on dit oui à tout et sans trop de précautions, la scrupuleuse procédure de validation des stages est abandonnée...".

Interrogée au sujet de l'article, Clotilde Valter la secrétaire d'État chargée de la formation professionnelle l'a qualifié de "caricatural".

Crédits photos : © AFP/Archives PASCAL GUYOT

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