Plainte contre Vincent Bolloré pour la censure d'un reportage sur le Crédit Mutuel

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Télévision Le patron du groupe Vivendi, Vincent Bolloré ici en 20122.
Le patron du groupe Vivendi, Vincent Bolloré ici en 20122.

Trois journalistes ont déposé plainte contre Vincent Bolloré, l'accusant d'avoir censuré la diffusion d'un reportage sur Canal +. Un documentaire qui évoquait un système d'évasion fiscale encouragé par une filiale du Crédit Mutuel.

Vincent Bolloré une nouvelle fois dans le viseur des médias. Le PDG du groupe Bolloré est visé par une plainte déposée par trois journalistes qui l’accusent d’avoir censuré un reportage sur le Crédit Mutuel.

Ce documentaire décrivait un système d’évasion fiscale au sein d’une filiale du groupe bancaire.

Censure de la part de Vincent Bolloré ?

L’information provient de l’AFP et a été confirmée par nos confrères de Le Monde. Geoffrey Livolsi, Nicolas Vescovacci, les deux auteurs de l’enquête qui devait être diffusée le 18 mai 2015 dans le magazine de la chaîne Canal + « Spécial Investigation » et Jean-Pierre Canet, rédacteur en chef du documentaire, ont donc décidé de déposer une plainte contre Vincent Bolloré, président depuis 2014 du conseil de surveillance de Vivendi, maison-mère de Canal+.

L’homme d’affaires serait intervenu personnellement pour interdire la diffusion du reportage « Évasion fiscale, une affaire française », consacré aux pratiques d’encouragement de la fraude fiscale qu’organiserait la banque Pasche, filiale de Crédit Mutuel-CIC. La plainte porte sur des faits d’« entrave à la liberté d’expression », d’« abus de biens sociaux » et d’« abus de pouvoir ».

Une diffusion sur France 3

Le 12 mai 2015, soit six jours avant la diffusion du reportage, Vivendi avait lancé une OPA sur Canal+. Or « l’opération devait être garantie par le Crédit Mutuel par l’intermédiaire de sa filiale CM-CIC Securities », un timing plutôt troublant selon les plaignants. Pour William Bourdon, avocat des journalistes, « Cette déprogrammation brutale est un acte de censure caricatural par un actionnaire financier » et constitue « une grave attaque contre la liberté d’informer ».

Le reportage avait donc été déprogrammé de Canal + et avait finalement été diffusé dans l’émission « Pièces à conviction » sur France 3, le 7 octobre 2015.

Crédits photos : Frederic Legrand - COMEO / Shutterstock.com

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