Plainte contre le député qui avait dénoncé les conditions d'Abdeslam

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France Thierry Solère, député Les Républicains, pose le 23 mars 2016 à Paris
Thierry Solère, député Les Républicains, pose le 23 mars 2016 à Paris

Une plainte va être déposée contre le député Thierry Solère qui avait dénoncé, dans un courrier, le fait que Salah Abdelslam disposait d'une salle de sport privée en prison.

Il y a une semaine, le député LR Thierry Solère, visitait la prison où réside Salah Abdelslam, comme la loi le lui permet. Dans un courrier qui a fait grand bruit et créé une polémique, le député dénonçait le fait que le prisonnier disposait d'une "salle de sport privée". L'avocat de Salah Abdelslam, qui est soupçonné d'être impliqué dans les attentats du 13 novembre à Paris, a annoncé qu'une plainte allait être déposée pour "atteinte à la vie privée" contre le député. L'avocat reproche notamment à Thierry Solère d'avoir violé sa vie privée en visionnant des images de vidéosurveillance auxquelles il n'aurait pas dû avoir accès.

Un peu comme s’il était au zoo de Vincennes

Frank Berton, l'avocat de Salah Abdelslam, a hier dénoncé le fait que le député Les Républicains "profite de son mandat [et] vienne nous indiquer par voie de presse qu’il a regardé ce garçon derrière les caméras pour regarder comment il se comportait, un peu comme s’il était au zoo de Vincennes, n’a pas manqué de nous indigner".

Le courroux de l'avocat porte aussi sur le fait que le député ait eu accès aux caméras de vidéosurveillance. Cet accès ne devrait évidemment pas être permis à des tiers en dehors de l'administration pénitentiaire. Frank Berton explique : "Jamais il n'est énoncé que cette -vidéoprotection- ou -surveillance- soit accessible à des tiers". L'avocat ajoute : "Oui, nous engagerons une procédure pour violation et atteinte aux droits et à la vie privée de monsieur Abdeslam, parce que c’est au moins, au moins, la seule chose qu’il lui reste".

Salah Abdelslam ne profiterait pas de conditions privilégiées

Après le courrier de Thierry Solère, beaucoup de personnes, notamment des hommes politiques, se sont indignés du régime dont bénéficie le détenu. Certains, comme Nicolas Dupont-Aignan déclarent même que "La prison de Fleury-Merogis semble donc avoir été transformée en club de vacances pour celui qui a déclaré la guerre à la France".

Cependant, un responsable syndical de Fleury Mérogis explique que le détenu est soumis à un régime d'isolement strict vis à vis des autres détenus. Salah Abdelslam ne peut à aucun moment être en contact avec d'autres détenus. Comme la loi l'autorise, le détenu a toutefois droit à un espace promenade ainsi que le droit de faire du sport. Une petite cellule a donc été aménagée avec un rameur pour que le détenu puisse avoir un peu d'activité physique. Enfin, le détenu est surveillé par vidéo 24h/24.

Comme l'explique l'administration pénitentiaire, le détenu ne bénéficie pas d'un régime de faveur au contraire. Il n'a aucun contact avec les autres prisonniers, est surveillé en permanence et dispose du minimum légal que la loi lui autorise.

Crédits photos : © AFP/Archives MARTIN BUREAU

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