Paris : La "salle de shoot" accueille 200 usagers par jour

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Société
Un homme se pique une veine avec une seringue, le 11 août 2003 à Paris

Trois mois après son ouverture, la première « salle de shoot » de France ouverte à Paris accueille près de 200 usagers chaque jour. L’endroit est ouvert 7 heures par jour, 7 jours sur 7.

C’est la première salle de shoot à avoir été mise à disposition du public en France et 3 mois plus tard, c’est déjà l’heure des premiers bilans pour la salle de consommation à moindre risque de Paris.

Ouverte 7 jours sur 7, l’endroit accueillerait 200 usagers par jours en moyenne depuis son ouverture.

Une forte demande

Selon Jean-Pierre Lhomme, président de l’association Gaïa qui s’est expliqué auprès de l’AFP dans des propos relayés par 20Minutes, il y a « entre 170 et 220 passages par jour de gens qui viennent consommer. Au bout de trois mois seulement, c’est énorme et ça montre bien que cette salle répond à un besoin ». Un président qui estime que la salle pourrait accueillir jusqu’à 350 personnes par jour dans de bonnes conditions.

Au total, 8000 injections ont été réalisées dans cette salle de consommation à moindre risque en 3 mois. Autant de « shoots » qui ont été effectués dans les meilleures conditions possible. 5000 personnes se sont également présentées pour récupérer des seringues stériles.

Bien entendu, les toxicomanes sont accompagnés par du personnel soignant, notamment pour effectuer des dépistages du VIH ou d’hépatites. Plusieurs nouveaux cas d’hépatite C auraient d’ailleurs été identifiés et pourront bénéficier d’une prise en charge adaptée.

Les riverains s’apaisent

L’une des principales inquiétudes des riverains et des opposants au projet se portait sur la sécurité des lieux. L’association ne déplore aucun incident à proximité de la salle située à l’hôpital de Lariboisière.

Si les tensions sont quelque peu retombées au sujet de la salle de consommation à moindre risque, certaines associations de riverains indiquent qu’il y a encore de nombreux efforts à effectuer, car « Il y a toujours autant de seringues dans la rue et autant de toxicos sous les portes cochères et dans le parking sous-terrain à proximité, qui est devenu un enfer », selon le président de Parents contre la drogue, Serge Lebigot. La municipalité du 10e, favorable au projet, demande de la patience.

Rappelons qu’après Paris, Strasbourg a également ouvert une salle de consommation à moindre risque début novembre 2016.

Crédits photos : © AFP/Archives MARTIN BUREAU

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