Orelsan relaxé après avoir été jugé pour "provocation à la violence"

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People Orelsan dans "Comment c'est loin"
Orelsan dans "Comment c'est loin"

Jeudi, la cour d'appel de Versailles a choisi de relaxer le rappeur Orelsan, jugé pour "provocation à la violence" via les textes de certains de ses titres.

L'objet du jugement : huit titres que le rappeur Orelsan avait interprétés en mai 2009 durant un concert à Paris. Des textes "d'une violence inouïe" pour Me Weber, l'avocat des plaignantes (cinq associations féministes) qui n'a pas caché sa "très grande déception" suite au verdict délivré jeudi par la cour d'appel de Versailles.

Orelsan, connu à l'état civil sous le nom d'Aurélien Cotentin, a ainsi été relaxé au titre de la "liberté d'expression". Dans des propos rapportés par Le Point, les juges expliquent que "sanctionner" les textes du rappeur "reviendrait à censurer toute forme de création artistique inspirée du mal-être, du désarroi et du sentiment d'abandon d'une génération, en violation du principe de la liberté d'expression".

"Provocation à la violence" : le rappeur Orelsan relaxé au nom de la "liberté d'expression"

Et de poursuivre en indiquant que "la cour n'a pas à juger les sources d'inspiration d'un artiste". Pour les magistrats, le rappeur "n'a jamais revendiqué" publiquement "la légitimité des propos violents, provocateurs ou sexistes tenus par les personnages de ses textes qu'il qualifie lui-même de 'perdus d'avance'". S'intéresser de près aux textes incriminés semble d'ailleurs suffire pour se convaincre qu'Orelsan n'est pas forcément ce qu'il rappe : "une écoute exhaustive et non tronquée de ses chansons permet de réaliser qu'Orelsan n'incarne pas ses personnages" et de constater que la "distanciation" entre eux est "évidente".

Un pourvoi en cassation envisagé pour les plaignantes

Me Tahar, avocat d'Orelsan, a pour sa part indiqué qu'"Orelsan est ravi, soulagé, très flatté" de la décision de la cour d'appel, rendant hommage à "la reconnaissance du caractère presque absolu de la liberté de création et de la liberté artistique" ainsi qu'aux "termes extrêmement forts" employés par les juges "qui ne laissent place à aucune équivoque". Me Weber, qui représentait les associations Chiennes de garde, Collectif féministe contre le viol, Fédération nationale solidarité femmes, Femmes solidaires et Mouvement français pour le planning familial, n'exclut pas un pourvoi en cassation.

Crédits photos : capture d'écran YouTube

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