Ils ont réussi à reproduire des souris sans ovocytes

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Sciences Photo d'illustration. Une souris de laboratoire.
Photo d'illustration. Une souris de laboratoire.

Et c'est inédit. Une équipe de chercheurs britanniques et allemands a réussi à donner naissance à des souriceaux sans partir d'un ovule.

Jusqu'à aujourd'hui, la communauté scientifique estimait que sans cellule sexuelle d'origine maternelle, aucun embryon n'était en mesure de se développer. Mais les scientifiques de l'Université de Bath (Royaume-Uni) et Regensburg (Allemagne) sont parvenus à se passer d'ovocytes pour reproduire des souris.

Reproduire des souris sans ovule : 1 réussite sur 4

Les chercheurs sont partis d'embryons de souris à un stade très précoce, avant même division cellulaire. Ils ont ensuite subi un traitement chimique afin d’activer cette division pour qu'ils ne soient plus dotés que d'une moitié de matériel génétique. Or, chez les mammifères, ces embryons dits "parthénogénotes" ne sont pas viables. L'autre moitié de ce matériel a ensuite été apporté par un spermatozoïde, qui leur a été injecté à la manière d'une FIV.

Enfin, ces nouvelles cellules ont été implantées dans des souris "mères porteuses". Et dans 25% des cas, les souriceaux nés étaient vivants, fertiles et présentaient une espérance de vie normale.

Quelles applications futures ?

Tony Perry, principal auteur de l'étude, résume : "On pensait que seul un ovocyte était capable d'activer le sperme pour rendre possible le développement de l'embryon. C'est la première fois que l'on obtient un développement mené à terme en injectant du sperme dans des embryons".

Si cette découverte permettra de mieux comprendre comment fonctionne la reproduction des mammifères en règle générale, il se pourrait bien qu'à l'avenir, cette reproduction pourrait se passer d'ovule. Pratique pour aider à obtenir une descendance d'espèces animales en voie de disparition, par exemple puisque cette technique connait un meilleur taux de réussite que le clonage.

Chez l'être humain, elle pourrait aussi représenter un espoir pour les couples dont la femme est infertile. Mais elle soulève aussi des questions éthiques. Simon Fishel, directeur général de la clinique privée britannique Care Fertility, prévient : "Mais les souris ne sont pas des humains (...). Même si c'est possible en théorie, il faudra de nombreuses années pour comprendre les risques pour l'ADN et la santé des humains".

Crédits photos : National Cancer Institute / Wikimedia Commons

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