Une nouvelle greffe des deux mains réalisée à Lyon dans un cadre juridique flou

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Santé
Des chirurgiens au bloc opératoire - photo d'illustration

Un homme a reçu une greffe des deux mains en novembre dernier à Lyon. Une nouvelle prouesse médicale effectuée dans un cadre légal compliqué en France.

Nouvelle prouesse médicale réalisée par une équipe du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Lyon (Rhône). Le 22 novembre dernier, un homme d’une cinquantaine d’années originaire du nord de la France et amputé des quatre membres a pu recevoir une greffe des deux mains.

Une opération effectuée dans un cadre juridique qui pose question dans le corps médical.

Dernière opération de ce type en France ?

Ce sont nos confrères du Figaro qui ont dévoilé l’information. L’opération a permis à ce patient d’une cinquantaine de recevoir une greffe bilatérale des mains alors que depuis quelques années, les greffes de mains ont été suspendues, les programmes de recherche ayant été interrompus dans un pays pourtant précurseur dans ce domaine.

Le Pr Jean-Michel Dubernard avait réalisé la première greffe de main au monde en 1998 à Lyon et depuis, 80 patients ont pu recevoir ce type de transplantation.

Une législation changeante

À l’époque, les greffes de mains se pratiquaient dans le cadre de la recherche médicale par le biais d’un dispositif nommé « programme hospitalier de recherche clinique (PHRC) ». Un programme interrompu et qui, dans le même temps, mettait fin aux greffes de mains dans l’Hexagone.

Cependant, un amendement a été voté par l’Assemblée nationale au début du mois de novembre dernier stipulant qu’une « greffe d’organes ou de tissus ou de greffe composite exceptionnelle de tissus vascularisés » peut être réalisée de manière exceptionnelle si l’Agence régionale de santé (ARS) l’autorise « après avis conforme d’un comité national constitué à cet effet ».

Or, dans le cas du patient opéré à Lyon, l’intervention a eu lieu avec l’application de l’amendement entré en vigueur le 1er janvier dernier. Des questions se posent alors sur le cadre juridique employé. Les équipes du CHU de Lyon affirment que l’intervention a bel et bien fait partie d’un PHRC parce qu’il restait une place vacante dans ce programme.

Crédits photos : wavebreakmedia/shutterstock.com

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