Nicolas Sarkozy veut mener une “guerre totale” au terrorisme

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France L'ex-président et candidat à l'élection de 2017 Nicolas Sarkozy à Paris, le 13 février 2016
L'ex-président et candidat à l'élection de 2017 Nicolas Sarkozy à Paris, le 13 février 2016

En déplacement à Provins, Nicolas Sarkozy a tenu un discours particulièrement belliqueux en déclarant vouloir mener une « guerre totale » contre le terrorisme islamique.

Depuis quelques jours, le candidat à la primaire de la droite, Nicolas Sarkozy, a placé le terrorisme au centre de sa campagne. Mêlant fermeté, autorité, bellicisme et à grand renfort de références historiques, l’ancien chef de l’Etat souhaite, à l’image de Georges W. Bush, mener une guerre totale contre le terrorisme.

Nicolas Sarkozy souhaite mener une guerre totale et implacable

Durant son discours, hier soir à Provins (Seine-et-Marne), Nicolas Sarkozy a de nouveau placé le terrorisme au centre de sa campagne. Le candidat Les Républicains a ainsi fait part de son désir de mener « une guerre totale, implacable » contre « le terrorisme islamiste ». L’ancien chef de l’Etat a abusé de références inquiétantes à la Seconde Guerre Mondiale, autrefois l’apanage de Jean-Marie Le Pen. Le candidat a qualifié le terrorisme de « peste noire » en référence à la « peste brune » du fait de la couleur des chemises portées par les nazis. Il a aussi rappelé le sort de la République de Weimar et a comparé sa volonté à celle du général De Gaulle.

Devant une salle entièrement acquise à sa cause, l’ancien chef de l’Etat a assuré : « Je protégerais les français ». Pour cela, l’ancien hôte de l’Elysée estime que « la seule guerre possible contre le terrorisme islamiste ne peut être qu’une guerre implacable. Cette guerre ne doit pas se limiter à des actions militaires ou policières, même si ces dernières sont indispensables (…) Elle doit être menée sur tous les fronts » avant d’ajouter : « Tout le monde doit s’y employer avec la même énergie, avec la même détermination : l’enseignant, le prêtre, comme l’imam, surtout l’imam, l’assistante sociale, le maire » tout en confessant finalement : «  mais pour cela, encore faut­-il savoir au nom de quoi nous nous battons ».

Nicolas Sarkozy place la peur du terrorisme au cœur de sa stratégie

Depuis dimanche dernier, le candidat au poste suprême a décidé de jouer sur la peur du terrorisme pour en faire sa stratégie de victoire en 2017. La peur a, il est vrai, toujours été un levier important dans le marketing et la manipulation. Aussi, l’ancien chef de l’Etat a décidé de placer la campagne de la primaire sur ce terrain quitte à empiéter, plus encore, sur les plates-bandes de l’extrême droite. Ses propositions relèvent effectivement d’un programme particulièrement autoritaire, favorisant les amalgames en tout genre et visiblement particulièrement belliqueux. Nicolas Sarkozy, en cas de victoire, n’hésitera donc pas à modifier la Constitution afin de mener sa guerre contre le terrorisme expliquant que : « Plus nous tardons à adapter l'État de droit, moins nous assurerons la sécurité des Français ».

Le candidat a fustigé l’attitude de François Hollande face au terrorisme assurant que, lui élu, il ne serait pas « le président de l'impuissance publique, le président qui se contente des commémorations et des lieux de mémoire, le président qui se cache derrière l'immobilisme du droit pour ne rien faire ». Sans donner toutes ses solutions pour lutter contre le terrorisme, Nicolas Sarkozy a assuré à ses partisans que « Pour protéger votre liberté nous devons réduire la leur, voilà ma conception de l'Etat de droit ».

L'effrayante notion de guerre totale

Le concept de « guerre totale » est loin d'être anodin. Selon Wikipedia : "La notion de guerre totale qualifie un conflit armé qui mobilise toutes les ressources disponibles de l'État, sa population autant que l'économie, la politique et la justice. Elle ne concerne plus uniquement des objectifs militaires mais, souvent source d'union sacrée entre tous les partis politiques, elle cherche à atteindre des buts de guerre en impliquant l'ensemble de la société ciblée et de ses moyens. Pour mobiliser et détruire la totalité des ressources des belligérants, elle provoque des destructions combinées civiles autant que militaires, impose une gestion étatisée et centralisée, et par le contrôle de l'arrière et des opinions publiques au moyen en particulier de la propagande, s'assure du soutien de tous les secteurs de la population (enfants, femmes, etc.)".

Pour rappel, la dernière personne ayant décidé de mener une « guerre totale » contre le terrorisme est Georges W. Bush. Afin de mener sa « guerre totale » contre le terrorisme l’ancien président américain a réduit de manière notable les libertés individuelles des américains. Il a par ailleurs créé Guantanamo, autorisé et généralisé les actes de tortures et a mené son pays à la guerre en Afghanistan puis, sous de faux prétextes, en Irak avec le succès que l’on connait.

Crédits photos : © AFP/Archives LIONEL BONAVENTURE

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