Nicolas Sarkozy et les fausses factures de Bygmalion : "Je n'en savais rien"

Par , publié le
Politique
Nicolas Sarkozy lors du meeting organisé par Sens Commun le 15 novembre 2014.

Mardi durant son audition, l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy aurait déclaré ne pas avoir été au courant des fausses factures émises par Bygmalion.

Mardi, l'ex-exécutif Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012. Devant le juge d'instruction, où il était appelé à s'expliquer sur les fausses factures de Bygmalion, le leader des Républicains aurait assuré qu'il n'en était nullement au courant.

C'est ce qui ressort ainsi du compte-rendu de l'audition publié par nos confrères de L'Express : "Je n'en savais rien. Je n'en sais rien. J'ai signé le compte de campagne ce qui implique ma responsabilité administrative, mais pas ma responsabilité pénale. La signature d'un compte de campagne c'est une obligation à laquelle je ne pouvais en aucun cas me soustraire, mais ne signifie en aucun cas que signer le compte de campagne, c'est valider des fausses conventions à l'UMP ou des fausses factures entre l'UMP et Event [la filiale événementielle de Bygmalion], ou l'absence de factures dans mon compte de campagne."

Affaire Bygmalion : Sarkozy reconnaît une "responsabilité administrative"

Et de poursuivre en reconnaissant avoir apposé sa signature sur des documents dont il n'avait pas pris connaissance : "La signature que j'ai apposée sur mon compte de campagne est obligatoire. J'ai fait confiance au trésorier, aux experts comptables, à l'avocat. Ils m'amènent le compte en me disant que tout va bien et je signe [...] Mais la vérité c'est que je n'ai rien lu." 

Présidentielle : des campagnes de 2007 et 2012 semblables ?

Nicolas Sarkozy soutient également que sa campagne de 2012 a représenté un coût semblable à celle de 2007 : "J'ai été deux fois candidat à la présidentielle. Ce qui me permet de dire ce que j'aurais dû dire : les salles, les meetings, les déplacements que j'ai faits en 2012 sont les mêmes que ceux que j'ai faits en 2007. Quand je vais à Caen en 2007 ou en 2012, c'est le même Zénith. A Toulouse, c'est le même hangar. La seule différence de lieu : en 2007, je fais le grand meeting national dans le hangar de la porte de Versailles, en 2012, je fais le grand meeting dans le hangar de Villepinte. Pour aller à ces meetings, je prends les mêmes avions. C'est le même trajet. Cela ne change pas, la sono, la lumière ce sont les mêmes. Il n'y a aucun élément matériel qui puisse différencier les lieux et le contenu, les réunions et les déplacements de 2007 et ceux de 2012."  Et si l'enquête n'a, pour l'heure, pas mis en évidence d'enrichissement personnel au sommet de Bygmalion ou de sa filiale Event, ni même un détournement de fonds au profit d'une tierce personne, l'ancien chef de l'État accuse : "Aucun indicateur ne pouvait me permettre de déceler une fraude de 22 millions d'euros. 22 millions d'euros dont la presse ne se serait pas aperçue ? Qu'est-ce que ma campagne peut faire de ces 22 millions d'euros ? En revanche, j'ai vu ce qu'ils en ont fait. Le chiffre d'affaires d'Event passe de 4 millions en 2011 à 20 millions en 2012. La distribution de bénéfices en 2013, ils ne se sont pas gênés." 

Crédits photos : Capture écran YouTube.

Partager cet article

Pour en savoir plus