Nantes : décès suspect de trois patients, l’Igas saisie

Par , publié le
France La ministre de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine, à la sortie du conseil des ministres, le 5 octobre 2016, à l'Elysée à Paris
La ministre de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine, à la sortie du conseil des ministres, le 5 octobre 2016, à l'Elysée à Paris

Trois patients, traités par chimiothérapie, sont décédés la semaine dernière au CHU de Nantes. Leur décès étant particulièrement suspect, la ministre de la Santé a saisi l’Igas pour enquête.

Selon le ministère de la Santé, quatre patients du CHU de Nantes, soignés pour un lymphome, ont subitement présenté des « complications graves » la semaine dernière. Trois sont décédés et un quatrième est toujours hospitalisé. La succession de cas et les trois décès ont obligé Marisol Touraine, la ministre de la Santé, de saisir l’Inspection Générale des Affaires Sociales (Igas) afin de déterminer les causes des complications particulièrement graves constatées sur les patients.

L’utilisation d’une autre molécule en cause ?

Les quatre patients ayant brutalement présenté des complications graves étaient atteins de lymphome et suivaient une chimiothérapie intensive avec autogreffe. Le ministère de la Santé précise que les patients avaient tous reçu un traitement similaire « comprenant le médicament cyclosphosphamide, en remplacement du médicament melphalan ».

Les médecins du centre hospitalier nantais ont justifié ce remplacement « par les tensions d'approvisionnement européennes sur le melphalan et par leur choix de réserver les lots dont ils disposaient au traitement des patients atteints de myélome, indication pour laquelle il n'y a pas d'alternative ».

Le ministère souligne toutefois que le cyclosphosphamide n’est pas un ersatz du melphalan, précisant qu’il « est validé par la communauté médicale ». La molécule a notamment été « utilisée pendant des années pour la prise en charge des lymphomes ». Le ministère ajoute enfin : « Il est actuellement utilisé par d'autres établissements en France, dans le même contexte, sans que de telles complications aient été rapportées ».

L’Igas saisie va enquêter

Ces dégradations rapides de l’état de santé des quatre patients et le décès suspect de trois d’entre eux a cependant conduit Marisol Touraine à saisir l’Inspection Générale des Affaires Sociales.

Une commission devra notamment déterminer «  les causes exactes de ces complications graves, ainsi que l'organisation, les moyens et les conditions de réalisation des chimiothérapies. A ce stade, l'origine des complications n'est pas établie ». A noter enfin que l’agence du médicament a pour sa part aussi lancé une enquête sur la molécule utilisée. Les conclusions de ces deux enquêtes devraient être connues d’ici une semaine.

Crédits photos : © AFP STEPHANE DE SAKUTIN

Partager cet article

Pour en savoir plus