Les mines antipersonnel tuent de plus en plus

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Actualité Photo d'illustration. Une mine antipersonnel.
Photo d'illustration. Une mine antipersonnel.

Le nombre de victimes de mines antipersonnel a augmenté drastiquement entre 2014 et 2015, indiquent 4 ONG dont Handicap International.

D'après Handicap International l'année 2015 a vu la mort, par explosion de mines antipersonnel, de 6.461 personnes. Au regard des 3.695 victimes de l'année précédente, il s'agit d'une très forte hausse de 75%. Ce nombre était pourtant en baisse depuis 15 ans.

Plus de conflits, plus de victimes

La raison de cette recrudescence se trouve dans la multiplication des conflits. Le rapport précise : "La majorité des nouvelles victimes des mines antipersonnel - industrielles ou de fabrication artisanale – et restes explosifs de guerre ont été enregistrées en Afghanistan (1.310), en Libye (1.004), au Yémen (988), en Syrie (864) et en Ukraine (589). À eux seuls, ces 5 pays représentent 74% des victimes enregistrées".

Ce que ressort du rapport, hormis l'envol du nombre de victimes, c'est le développement des mines artisanales utilisées par les groupes armés non étatiques, et notamment Daesh. On peut les retrouver dans 10 pays : Afghanistan, Birmanie, Colombie, Irak, Libye, Nigeria, Pakistan, Syrie,Ukraine, Yémen.

Peu de contrôle sur ces nouvelles mines

Un phénomène d'autant plus inquiétant que "Ces types d’armes ne sont pas connus des démineurs. Ils ne connaissent pas exactement leur système (...) Aussi, il n’y a pas de régulation internationale avec ces groupes armés, il est donc très difficile d’intervenir", indique Marion Libertucci, responsable du Plaidoyer de Handicap International.

Le traité d'Ottawa est contourné par l'utilisation des mines artisanales. Les 162 Etats l'ayant signé il y a près de 20 ans ont détruit un total de 50 millions de ces objets meurtriers mais sans régulation sur les organisations qui les utilisent, il est difficile de les maîtriser. Marion Libertucci souligne que "beaucoup d’Etats se disent que c’est un peu ancien et passent à d’autres sujets. Pourtant, c’est une priorité. Quand les Syriens reviendront chez eux, ils seront exposés à un danger énorme. Il faudra bien mettre de l’argent sur la table pour le déminage et l’éducation aux risques". Le Monde rappelle que la conférence des Etats parties au traité d’Ottawa qui se déroule prochainement au Chili pourrait être l'occasion de réagir face à ce nombre de morts.

Crédits photos : Shutterstock.com

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