Migrants : Les associations arrêtent les rondes sociales pour protester contre les évacuations

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France Des migrants installés dans leurs tentes dans un campement illégal, sous le métro de la station Jaurès à Paris, le 19 juillet 2016
Des migrants installés dans leurs tentes dans un campement illégal, sous le métro de la station Jaurès à Paris, le 19 juillet 2016

Alors que les évacuations sont désormais quasi quotidiennes, les associations d'aide aux migrants ont décidé de suspendre les rondes sociales qu'elles mènent dans les campements de migrants de Paris.

Les associations d’aide aux migrants décident de tirer la sonnette d’alarme. Suite à la multiplication des évacuations de camps de migrants par les policiers, notamment à Paris, ces dernières ont décidé d’arrêter les rondes sociales qu’elles mènent dans les campements à Paris pour dénoncer « les ambiguïtés des politiques publiques » selon des déclarations reprises notamment par BFM TV.

Fini les rondes sociales d’aide aux migrants

Aurélie El Hassak-Marzorati, directrice générale adjointe d’Emmaüs solidarité, a notamment indiqué qu’« Emmaüs solidarités arrête de demander à ses maraudes d’intervenir dans les rues de Paris ». Un mouvement suivi par France Terre d’asile qui de son côté a parlé de suspension de ces maraudes, précisant qu’« Un certain nombre de migrants considèrent que nos travailleurs sociaux sont des policiers en civil » à cause des trop nombreuses interventions policières dans les camps.

Pierre Henry, directeur de France Terre d’Asile dresse un constat amer « On ne peut pas donner des informations sur l’asile à une personne et une heure après la voir embarquée par la police » avant d’ajouter « Nous demandons à ce que tout le monde se remette autour d’une table et clarifie son mode d’intervention ».

Démantèlement « quasi quotidien »

Depuis début juillet en effet, les policiers de Paris procèdent presque tous les jours au démantèlement des camps de migrants, notamment dans le nord-est de la capitale. Des camps qui se reconstruisent presque instantanément et des évacuations à répétition compliquent la tâche des associations.

« On perd complètement le sens de notre travail » et « on ne peut pas penser qu’on accueille dignement les migrants dans ces conditions. » déplore Aurélie El Hassak-Marzorati. Rappelons que la ville de Paris a prévu l'ouverture d'un centre humanitaire d'ici la fin de l'été.

Crédits photos : © AFP/Archives MATTHIEU ALEXANDRE

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