Un meeting du PS copieusement hué malgré une forte présence policière

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France (G à D): les membres du gouvernement Emmanuelle Cosse, Marisol Touraine, Najat Vallaud-Belkacem, Stephane Le Foll et Jean-Michel Baylet applaudissent lors d'un rassemblement de "Hé oh la gauche", à Paris le 25 avril 2016
(G à D): les membres du gouvernement Emmanuelle Cosse, Marisol Touraine, Najat Vallaud-Belkacem, Stephane Le Foll et Jean-Michel Baylet applaudissent lors d'un rassemblement de "Hé oh la gauche", à Paris le 25 avril 2016

Appelé à faire passer la loi Travail, le porte-parole du gouvernement a organisé hier un meeting à Lille qui s'est avéré particulièrement tendu malgré une présence policière impressionnante.

Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement, avait décidé d'un meeting à Lille, terre du socialisme, afin de tenter de mieux faire passer la très controversée loi Travail. Le meeting, organisé sous l'appellation "Hé oh la gauche !" a connu un accueil particulièrement tendu obligeant même le porte-parole du gouvernement à emprunter l'entrée arrière pour éviter les manifestants particulièrement remontés.

Un accueil houleux malgré un dispositif policier disproportionné

Le comité de soutien à François Hollande, qui avait organisé leur réunion destinée à mieux faire passer le message de la très controversée loi Travail, a été copieusement hué et insulté par une cinquantaine de manifestants se réclamant de gauche venus crier leur colère contre cette loi. Des insultes ont fusé pour accueillir les militants PS. "Et -P- comme pourris, et -S- comme salauds ! A bas, à bas, le Parti socialo !" La tension a montée d'un cran et d'autres insultes ont été entendues : "fascistes !", "fumiers !", "tout le monde déteste le PS !".

L'impressionnant déploiement de policiers et de CRS, totalement disproportionné au regard du nombre de manifestants, n'a pas refroidi ces derniers. Stéphane le Foll a dû se résoudre pour éviter les quolibets à emprunter la porte arrière du gymnase servant à accueillir la réunion privée de 250 militants PS spécialement invités.

A son arrivée, le porte-parole du gouvernement a déclaré : "Les débats peuvent être légitimes. De là à utiliser des mots comme -traîtrise-, c'est tout à fait décalé". Heureusement pour lui que les manifestants n'ont pas entendu cette déclaration car ils lui auraient certainement répondu qu'utiliser le 49.3 à deux reprises, être aussi ferme et ne pas écouter la colère de la rue, ce n'est pas vraiment un débat.

Un curieux exercice d'auto-satisfécit

Devant les 250 militants invités pour l'occasion, Bernard Roman, le député socialiste du Nord, défend la loi Travail en assurant " Non, on n’a pas trahi les valeurs de gauche. On a reçu en héritage un pays en déshérence !". Patrick Kanner, le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports s'adresse à la foule de militants dont certains ont déjà été expulsé pour avoir voulu poser des questions dérangeantes : "On a besoin d’être entre nous" avant d'ajouter avec un certain satisfecit : "Non, on ne va pas se repentir de ce quinquennat".

Stéphane Le Foll, qui prend ensuite la parole, entend lutter contre "les doutes" des militants socialistes avant de prendre en référence Léon Blum : "Lui aussi a été traité de traître !". Sans peur de l'absurde, le porte-parole du gouvernement demande aux militants présents d'être "fiers" de la loi Travail avant d'expliquer : "Notre modèle social n’a pas été touché, n’a pas été remis en cause. Il a été adapté mais il a été au contraire conforté ! C’est ça, la différence entre la droite et la gauche" avant d'insister à son tour sur ce qui pourrait être le slogan de la campagne de défense de la loi Travail : "Non, on n’a pas trahi. On est fidèles aux valeurs de la gauche".

Crédits photos : © AFP Geoffroy Van der Hasselt

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