Mal des transports : les ados abusent des anti-nauséeux

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Après qu'a été démontré un détournement des médicaments anti-nauséeux par les adolescents, l'Agence nationale de santé et du médicament a décidé d'interdire leur libre accès en pharmacie pour trois d'entre eux.

Les médicaments anti-nauséeux sont d'ordinaire utilisés pour prévenir ou faire passer un mal des transports. Mais après que la Commission des stupéfiants et des psychotropes a mis en lumière un détournement avéré de ces médicaments par les adolescents, à des fins récréatives, l'Agence nationale de santé et du médicament (ANSM) a décidé de réagir.

Jusqu'en octobre dernier, il était possible de se rendre en pharmacie et d'obtenir des boîtes de Nausicalm, Mercalm ou Nautamine sans besoin de prescription. Mais suite aux résultats de l'enquête d'addictovigilance menée par la commission, l'ANSM a choisi de mettre un terme au libre accès de ces médicaments en milieu pharmaceutique.

Ados : trois médicaments détournés perdent leur libre accès

Nos confrères du Figaro expliquent que ces anti-nauséeux ont pour effet de bloquer l'action de l'histamine, une amine naturelle produite par l'organisme. Le professeur François Chast, chef du service de pharmacie clinique au sein des hôpitaux universitaires Paris Centre (Hôtel-Dieu, Cochin, Broca), indique que "c'est un neuromédiateur, qui au même titre que la sérotonine, agit sur des zones du cerveau qui régulent la vigilance et l'expression des émotions. Elle est impliquée dans certains troubles du comportement comme l'anxiété".

L'ANSM communique sur les dangers d'un surdosage dans la situation d'un usage récréatif de ces médicaments, en alertant ainsi sur des cas observés "de troubles de la conscience, de psychoses, de convulsions, d'excitation, de confusion mentale, d'hallucinations, d'hyperthermie, de comas, d'accélérations ou troubles du rythme cardiaque et parfois d' insuffisances respiratoires".

"Des vraies possibilités de décès par overdose"

Michel Lejoyeux, directeur du service de psychiatrie et d'addictologie officiant à l'hopital Bichat, évoque quant à lui le pire sans toutefois se vouloir alarmant : "Ces produits ont une dangerosité médicale spécifique avec des vraies possibilités de décès par overdose, mais il ne faut pas dramatiser la situation".

Et de recommander, par mesure préventive, de s'intéresser de près au moral des adolescents et sur la façon d'influer bénéfiquement sur celui-ci sans recourir à des médicaments : "On ne travaille pas assez le sujet de la morosité et du bien-être, je pense que leur transmettre des informations sur la manière d'aller mieux sans produit est primordial".

Crédits photos : Phattana Stock/shutterstock.com

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