Alcoolisation foetale : 8.000 nourrissons par an en France

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Santé Photo d'illustration. une femme enceinte consommant de l'alcool.
Photo d'illustration. une femme enceinte consommant de l'alcool.

8.000 bébés français naissent chaque année en présentant un syndrome d'alcoolisation foetale. L'Académie de médecine tire la sonnette d'alarme et dénonce notre retard en la matière.

Un chiffre illustre le retard pris par la France dans la lutte contre l'alcoolisation foetale : les Etats-Unis mobilisent 27 fois plus de moyens que notre pays en la matière. Chaque année, on dénombre quelque 8.000 nourrissons nés avec ce syndrome.

Dans un rapport publié le 22 mars dernier, l'Académie nationale de médecine pointe le retard français, après avoir rappelé en préambule que "les troubles de l’apprentissage, de la mémorisation responsables de difficultés scolaires, de troubles cognitifs et du comportement" sont associés à ce fléau.

"Tolérance zéro alcool pendant la grossesse"

Gilles Crépin, principal auteur du rapport en question, n'y est pas allé par quatre chemins pour le dénoncer au micro de RTL : "Aujourd'hui, je viens lancer un message d'alerte car 1 femme sur 4 continue de boire de l'alcool durant sa grossesse".

L'estomac du foetus n'est pas en mesure de métaboliser l'éthanol, qui de surcroit atteint le placenta sans aucun "filtre". D'où les dégâts souvent irréversibles que la molécule est susceptible d'engendrer.

Une intoxication dès les premiers stades du développement

Et ce nouveau rapport est implacable : "Pour le fœtus il n’y a aucune preuve de risque zéro ou de quantité d’alcool 'tolérable'. Cette incertitude ne fait que conforter la recommandation d’une abstinence totale durant tout le déroulement de la grossesse (et de l’allaitement)". Mais ce qui est du ressort de la responsabilité de la future mère doit aller de pair avec un engagement fort des autorités sanitaires française, et les rapporteurs n'en sont pas satisfaits.

En l'absence de traitement curatif pour ce syndrome, les académiciens insistent sur la prévention, qui doit aller beaucoup plus loin qu'à l'heure actuelle. Ils préconisent :

  • que les mesures prises en vigueur depuis 2006 (logo d'avertissement apposés sur les boissons, messages sanitaires de risques) soient renforcées et actualisées,
  • la mise en place d'une visite pré-conceptionnelle, qui deviendrait un autre moment opportun pour le rappel d'un tel danger,
  • l'application des biomarqueurs biologiques modernes de l’alcoolisation déjà mis en place dans d’autres pays.
Crédits photos : Shutterstock.com

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