Lourdes sous haute sécurité pour le pèlerinage de l’Assomption

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France
Des fidèles catholiques prient pendant la messe de l'Assomption à Lourdes, le 15 août 2016

En ces temps d’état d’urgence, la sécurité s’est vue renforcée dans la ville de Lourdes dans le cadre de son pèlerinage annuel du 15 Août.

Suite à l’assassinat du prête Jacques Hamel dans son église le 26 Juillet dernier, le ministre de l’Intérieur a mis en place un dispositif de sécurité exceptionnel autour du pèlerinage annuel de Lourdes. Ce pèlerinage est l’un des éléments phares du tourisme culturel du pays qui représente également une forte activité économique pour les commerçants environnants.

Un dispositif de sécurité renforcé face à la menace terroriste

Cette année, l'ensemble du pèlerinage de Lourdes est placé sous très haute sécurité : des policiers et militaires en patrouille dans les lieux saints, un hélicoptère qui survole le site et quelques 300 renforts. Au total, ce sont 500 membres des forces de sécurité qui ont été déployés.

Lors de sa visite sur les lieux le 13 juillet, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, a reconnu que la menace terroriste « reste extrêmement élevée ». Néanmoins la maire de la ville Josette Bourdeu, indique n’avoir « jamais imaginé de supprimer le pèlerinage national » qui représente un des évènements majeurs du tourisme culturel français. Toutefois, l’adjoint à la sécurité de la ville, Philippe Subercazes rappelle : « On nous a prévenus que la maire serait considérée responsable si quelque chose arrivait dans la ville. On nous a avertis qu’il y avait cinq magistrats d’astreinte, pour juger tout de suite de nos responsabilités s’il se passe quelque chose »

Les temps ont semblent-ils bien changé comme s’en souvient une pèlerine interrogée au pied  de la basilique « A l’époque, il n’y avait qu’un seul garde champêtre pour tout le sanctuaire. Ça a bien changé ! »

Le mécontentement des commerçants

Comme le rappelle le chargé du développement économique de la ville, Jean-Michel Larroche, « 85 % des emplois relèvent du secteur tertiaire à Lourdes, qui est la deuxième cité hôtelière de France, après Paris ». Et Philippe Subercazes d’ajouter énergiquement « A Lourdes, si ça pète, on est morts. Toute notre économie repose sur le tourisme cultuel. »

Les commerçants sont nombreux à s’indigner face à certaines mesures qui mettent en péril leur activité. Une réceptionniste d’hôtel explique lassée : « A cause des barrages qu’ils ont installés, je perds trente minutes à chaque fois pour expliquer aux clients où passer pour arriver jusqu’à l’hôtel ». La gérante d’un commerce voisin déplore : « D’habitude, on a un grand parking de plus de cent places juste à côté qui nous ramène beaucoup de clients ; avec la fermeture du parking, il n’y a plus personne ! »

Malgré tout, la maire de Lourdes a demandé à Bernard Cazeneuve de prolonger certaines mesures de sécurité jusqu’à la fin de la saison des pèlerinages, en octobre prochain.

Crédits photos : © AFP PASCAL PAVANI

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