Loi travail : le patron du MEDEF est très déçu par la dernière mouture

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France Pierre Gattaz, président du Medef, au début de son entrevue avec le Premier ministre Manuel Valls (à d.) et la ministre du Travail, Myriam El Khomri (au c.), le 30 juin 2016 à Matignon
Pierre Gattaz, président du Medef, au début de son entrevue avec le Premier ministre Manuel Valls (à d.) et la ministre du Travail, Myriam El Khomri (au c.), le 30 juin 2016 à Matignon

Pierre Gattaz, le patron du MEDEF, a fait part de son énorme déception suite à sa rencontre avec Manuel Valls sur le nouveau texte de la loi Travail devenu pour lui illisible.

Le patron des patrons est sorti particulièrement déçu de sa réunion avec le Premier ministre au sujet du nouveau texte de la loi Travail. Il juge la nouvelle mouture de la loi comme un "monument de complexité, absolument illisible pour les TPE-PME" et qui ne servira "strictement à rien pour l'emploi". Pierre Gattaz s'est déclaré "très déçu, très pessimiste" à sa sortie de Matignon.

Une loi qui ne servira strictement à rien pour l'emploi

Le patron du MEDEF a eu des mots très durs pour qualifier le nouveau texte remanié pour satisfaire quelques critiques des syndicats. Le patron des patrons dénonce un texte devenu complètement illisible pour tous et surtout les TPE-PME. Alors qu'il espérait un "électrochoc" de la part du gouvernement, il est sorti de sa rencontre avec Manuel Valls avec "une énorme déception".

Pierre Gattaz a ainsi déclaré après sa réunion à Matignon : "Plus personne n'y comprend rien sur le terrain et c'est une loi qui ne servira strictement à rien pour l'emploi, j'en suis désolé, je l'ai dit au Premier ministre". Il est notamment revenu sur l'article concernant le compte pénibilité et déclaré que c'était "inapplicable". Il a ainsi expliqué : "La pénibilité, c'est une loi qu'on ne sait pas appliquer. Ce n'est pas qu'on ne veut pas, c'est qu'on ne sait pas faire. Je lui ai dit (au premier ministre NDRL) : écoutez on a un problème".

Une loi écrite dans un bureau

Dans ce qui s'apparente à un véritable réquisitoire contre la loi Travail, le patron du MEDEF a donné sa solution : "Ce qu'il faut faire c'est se mettre autour d'une table pour rendre applicable cette loi, supposée s'appliquer dès le 1er juillet. On ne sait pas faire, les chefs d'entreprise ne savent pas faire, cette loi a été faite dans un bureau" avant d'ajouter laconiquement : "On a essayé d'appliquer, on a essayé de créer ces référentiels, on ne sait pas, c'est trop compliqué (...) Ca fait des semaines et des mois qu'on prévient".

Manuel Valls partage un avis bien différent de celui du patron du MEDEF et estime que "jamais un gouvernement n'a fait autant pour les entreprises, pas pour le patronat, pour les entreprises". Le patron des patrons confirme que le Premier ministre ne lui a "rien répondu", se contentant "d'écouter gentiment". Mais Pierre Gattaz prévient : "Je n'ai pas appelé à la désobéissance, je n'ai pas demandé à ce qu'on désobéisse, j'ai dit qu'on ne savait pas faire".

Crédits photos : © AFP BERTRAND GUAY

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