Lille : 30 heures de garde à vue pour avoir covoituré avec des djihadistes à son insu

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France
Covoiturage (photo d'illustration)

Un entrepreneur lillois a été gardé à vue pendant 30 heures pour avoir transporté des djihadistes sans le savoir grâce à un site de covoiturage.

En prenant une famille en covoiturage, ce Lillois ne se serait jamais douté que cela lui coûterait 30 heures de garde à vue. L’homme a en effet, sans le savoir, fait le trajet de Lille jusqu’à Istanbul avec une famille de jihadistes selon les informations du journal local La Voix du Nord.

En garde à vue après un covoiturage

Pourtant, rien ne prédestinait cet entrepreneur lillois d’origine Turque à finir en garde à vue. En juillet dernier, l’homme part en vacance en Turquie avec sa femme et sa sœur. Pour réduire les frais de route, il accueille dans son minibus une famille qui se rend elle aussi en Turquie grâce à un site de covoiturage très connu.

Au moment du départ, ce sont un homme, une femme voilée intégralement et leurs trois enfants qui se présenteront pour le grand voyage. Selon le conducteur, la famille est très peu bavarde pendant les deux jours que durera le voyage. Ce n’est qu’après la visite de la police à son domicile qu’il comprendra à qui il avait affaire.

Des candidats au Djihad

Car ce lundi, l’homme voit débarquer chez lui une quinzaine de représentants de force de l’ordre « cagoulés, lourdement armés » selon son témoignage recueilli dans La Voix du Nord. L’homme pense tout d’abord à un braquage puis comprend que c’est la police. Après une perquisition, l’homme est emmené au poste pour une garde à vue de 30 heures.

Il y apprendra que la famille convoyée quelques semaines plus tôt avait fait allégeance à Daesh et qu’elle partait pour faire le Djihad. L’entrepreneur est non seulement choqué par cette nouvelle, mais également par la manière dont il a été appréhendé. À la presse locale, il regrette « On enquête sur moi depuis le mois de septembre. On aurait pu comprendre que je n’étais pas dangereux » tout en se déclarant comme « une victime collatéral de l’état d’urgence ».

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