Levée d’immunité de Jean-Marie Le Pen, les eurodéputés vont voter

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France Jean-Marie Le Pen, le 5 septembre 2015 à Marseille
Jean-Marie Le Pen, le 5 septembre 2015 à Marseille

Le parlement européen devrait statuer aujourd’hui sur la demande de levée d’immunité parlementaire dont bénéficie Jean-Marie Le Pen, afin que la justice puisse le poursuivre pour incitation à la haine raciale.

Jean-Marie Le Pen pourrait perdre aujourd’hui son immunité parlementaire, ce qui ouvrirait la voie à des poursuites par la justice française pour "incitation à la haine raciale" sur des propos qu’il avait tenu mi 2014 sur des artistes engagés. Ce ne serait pas la première fois que le député d’extrême droite perdrait son immunité parlementaire.

Forte probabilité de levée d’immunité

Les eurodéputés vont, aujourd’hui, décider de la levée d’immunité de l’ancien président du Front National. La justice française réclame, en effet, cette levée afin de poursuivre le député d’extrême droite pour incitation à la haine raciale pour des propos qu’il avait tenu en juin 2014 sur Patrick Bruel ainsi que d’autres artistes politiquement engagés.

Pour de nombreux observateurs, la levée d’immunité sera très vraisemblablement prononcée contre le fondateur du Front National. Les eurodéputés devraient majoritairement suivre l’avis remis par la commission des affaires juridiques du parlement européen qui s’était prononcée favorablement à une telle levée d’immunité. Cette commission estime que les propos du parlementaire ne s’inscrivent pas dans le cadre de ses fonctions au sein du parlement européen : « Il n’y a aucun lien entre les déclarations attaquées et l’activité parlementaire de Jean-Marie Le Pen et que celui-ci n’a donc pas agi dans l’exercice de ses fonctions de membre du Parlement européen ».

Jean-Marie Le Pen, coutumier des dérapages et des provocations avait, en 2014, fustigé des artistes politiquement engagés, notamment Guy Bedos, Madonna et Yannick Noah. Lorsque la femme qui l’interviewait avait lancé le nom de Patrick Bruel, l’eurodéputé d’extrême droite avait lancé : « Écoutez, on fera une fournée la prochaine fois ! ».

Cette déclaration avait fait scandale et avait même été dénoncée par le Front National et par sa fille Marine qui avait alors qualifié cette phrase de « faute politique », prenant ainsi ses distances avec son père et déclenchant un conflit interne au parti. L’ancien président du Front National qui a, depuis, été évincé du parti qu’il a créé a déjà, par le passé, vu son immunité parlementaire levée pour répondre devant la justice de propos incitant à la haine raciale.

D’autres ténors du FN visés par une levée d’immunité

Jean-Marie Le Pen n’est pas le seul élu d’extrême droite à faire l’objet d’une demande de levée d’immunité par la justice française. Martin Schultz, le président du parlement européen, a annoncé avoir reçu une demande de levée d’immunité parlementaire concernant Marine Le Pen, la présidente du Front National et candidate à la présidence française.

La fille de Jean-Marie Le Pen fait l’objet d’une enquête pour « diffusion d’images violentes ». La justice française souhaite effectivement poursuivre la présidente du parti d’extrême droite pour avoir publié des photos montrant des atrocités commises par les terroristes de l’Etat Islamique.

Enfin, le parlement européen devrait, dans les prochaines semaines, étudier la demande de levée d’immunité parlementaire concernant Jean-François Jalk, le vice-président chargé des affaires juridiques au FN. Cet autre ténor du parti d’extrême droite est soupçonné par la justice française de « provocation à la discrimination » concernant l’attribution de logements sociaux.

Crédits photos : © AFP/Archives BORIS HORVAT

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