Ver plat : célibataire, il s'auto-féconde de curieuse façon

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Sciences
Illustration. Un ver plat (Macrostomum hystrix).

Pour cet invertébré, le célibat n'est pas forcément vécu de manière catastrophique. Ainsi, les vers plats hermaphrodites usent d'un moyen plutôt surprenant pour perpétuer leur espèce et se reproduire sans partenaire ni gènes extérieurs.

Pour une immense majorité des espèces vivantes, un partenaire sexuel est indispensable à la perpétuation de celles-ci. Mais pour d'autres, le salut existe même en cas de célibat forcé. Pour preuve, ce ver plat scientifiquement nommé Macrostomum hystrix.

Hermaphrodite, il a une technique bien à lui pour s'auto-féconder, d'après une étude publiée dans la revue de la Royal Society britannique et relayée en France par l'AFP. Explications.

Ce ver plat s'injecte du sperme dans la tête

Oui, vous avez bien lu. Des chercheurs de l'Université de Bâle (Suisse), conjointement avec l'Université de Bielefeld (Allemagne) ont découvert que le ver plat pouvait injecter son propre sperme dans sa tête. Comment ? A l'aide de son pénis nous direz-vous, sauf que celui-ci a la particularité d'être en forme d'aiguille.

En règle générale, pour les autres vers, leur appendice sexuel transmet le sperme dans le partenaire, toujours avec son pénis, mais à travers la peau, un procédé appelé insémination hypodermique (sous la peau).

Les spermatozoïdes cheminent de la tête vers les oeufs

En l'espèce, et d'après l'étude que nous croyons bien volontiers, les spermatozoïdes opèrent ensuite une migration de la tête jusqu'aux oeufs. Et si vous n'accordiez jusque là aux vers plats assez peu d'instinct, sachez qu'il n'a recours à cette méthode particulière qu'en cas d'absence durable de partenaire. Car tout aussi impressionnante qu'elle soit, elle a tendance à diminuer la production de "bébés" vers plats et de leur survie.

Pour parfaire votre culture scientifique en matière de vers plats, ajoutons que lorsque deux congénères se trouvent en phase d'accouplement, le rite précédent celui-ci s'apparente à un combat. Logique, car possédant à la fois les organes reproducteurs mâles et femelles, chacun tente de féconder l'autre le premier, afin d'être le père.

Crédits photos : AFP/CHRISTIAN GAUTIER/BIOSPHOTO

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