Les retraités de retour en Espagne, cibles du fisc

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Économie
Illustration. Deux hommes âgés dans le sud de l'Espagne.

En Espagne, la fronde d'une catégorie de retraités s'organise; en effet, le fisc cible ceux qui retournent au pays, les enjoignant de régulariser leur situation sous quinzaine.

Ils sont retraités, et après une période plus ou moins longue de travail en-dehors de l'Espagne, ils s'en reviennent au pays. Seulement, le pays qui a besoin de renflouer ses caisses comme de nombreux autres en Europe, a trouvé un moyen imparable : leur demander des arriérés d'impôts. La grogne de cette catégorie de retraités n'est pas vraiment bienvenue alors que les élections générales se profilent, en décembre de cette année.

Arriérés d'impôts : 800.000 retraités espagnols concernés

C'est la Fédération espagnole des retraités retournés (FAER), cette mesure concernerait quelque 800.000 personnes. De plus, la note est présentée de telle sorte que les Espagnols qui en font l'objet doivent s'acquitter de leur dette sous 15 jours.

Eva Foncurbierta, la présidente du mouvement, évoque des citoyens "qui ont subi un grand préjudice moral et économique, et qui ont beaucoup contribué au développement de l'Espagne".

Un retraité : "du vol et de l'injustice"

Selon la FAER, un peu plus de 145.000 de ces retraités auraient mis leur situation à jour. Et le fisc, récupéré 309 millions d'euros à ce jour. L'AFP a recueilli le témoignage de l'un d'eux; il s'agit de Miguel Martinez, parti d'Espagne en 1964 pour Paris, dans la quelle il travaillera 10 ans. Il touche 330 euros par mois, et a reçu un courrier du fisc lui demandant paiement de 5.000 euros sur une période de 5 ans. "Jusqu'ici, je payais 85 euros d'impôts par an sur ma retraite espagnole de 11.700 euros. Avec mes 4.000 euros supplémentaires de France, ils ont bondi à 962 euros !", s'emporte-t-il. D'autant plus qu'il est catégorique : en 2011, les services espagnols lui auraient notifié par courrier que sa situation fiscale française n'était pas imposable.

Face à la fronde, le gouvernement s'est prononcé à la fin 2014 pour la fin des amendes pour retard de paiement, et a reversé 13 des 20 millions d'euros ainsi acquis. La FAER réclame la création d'un statut spécial : "les retraités espagnols ne sont imposables qu'à partir d'un revenu annuel supérieur à 22.000 euros à condition qu'ils n'aient qu'une source de revenus". Mais le fisc estime que les retraites de base et les retraites complémentaires, même en provenance d'un même pays, sont deux revenus différents, ce qui diminue seuil imposable à 11.200 euros.
Que fera le gouvernement à l'aube d'élections générales qui auront lieu en décembre ?

Crédits photos : Joseph Sohm / Shutterstock.com

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