Les jihadistes se mêleraient-ils aux migrants pour entrer en Europe ?

Par , publié le
International
Un groupe de migrants quitte la ville serbe de Kanjiza à la frontière avec la Hongrie, le 2 août 2015

Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, le coordinateur de l'UE Gilles de Kerchove évoque que des djihadistes pourraient se mêler aux migrants pour entrer en Europe. Une hypothèse ridicule pour certains.

Depuis le début de l'année ce sont plus de 430 000 migrants qui ont pénétré en Europe. Gilles de Kerchove, coordinateur au sein de l'UE pour la lutte contre le terrorisme, évoquait la possibilité pour des terroristes de se faire passer pour des migrants. Une théorie jugée "ridicule" par l'ex responsable du service "Renseignements de sécurité" de la DGSE.

Des terroristes se cacheraient-il parmi les migrants ?

A en croire M. de Kerchove : "nous devons être vigilants, il est relativement facile de pénétrer dans l'Union européenne quand on se mêle aux flux de migrants". Ce n'est pas le seul à s'exprimer à ce sujet, du côté des partis de droite et d'extrême droite un peu partout en Europe on évoque également ce genre d'inquiétude. Pourtant, un haut responsable français, interrogé par l'AFP déclarait : "à ce stade, nous n'avons aucune indication que des jihadistes se mélangent aux réfugiés". "Ils ne se mêlent pas aux migrants parce qu'ils ont les moyens financiers de faire autrement et aussi parce qu'ils possèdent des papiers, notamment les combattants européens" ajoutait-il.

Pour l'ancien responsable du service "Renseignements de sécurité" de la DGSE la théorie de l'infiltration n'a aucun sens : "c'est ridicule. Cela n'aurait aucun sens, en termes opérationnels, pour un réseau de prendre de tels risques. Aucun sens et aucune utilité". Il ajoute que ceux-ci mettraient bien trop de temps à arriver et risqueraient de finir noyés.

Toutefois, la vigilance s'impose

Même s'il est peu probable donc que les jihadistes s'infiltrent parmi les migrants durant cette crise migratoire sans précédent, il faut rester vigilant. "Nous travaillons avec nos services de renseignements et n'octroyons pas l'asile à ceux dont nous savons qu'ils ont des activités terroristes" expliquait le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Pour Eric Dénécé, dirigeant du Centre français de recherches sur le renseignement : "le vrai problème, c'est que cela accroît encore le nombre de personnes à surveiller, pour des services qui sont déjà submergés par le nombre de cibles. Pour eux, ça doit être l'horreur". Bien qu'il ne faille pas nier cette menace, toute exagération est inutile et ne pourrait servir qu'aux anti-migrants qui voudraient murer l'Europe, continuait-il.

Crédits photos : © AFP CSABA SEGESVARI

Partager cet article

Pour en savoir plus