Les étudiants se soignent de moins en moins

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Santé Illustration. Un amphi d'université.
Illustration. Un amphi d'université.

Les étudiants sont de plus en plus nombreux à renoncer aux soins médicaux, révèle l'étude réalisée tous les deux ans par le réseau de mutuelles étudiantes Emevia. Et leurs finances n'y sont pas étrangères.

L'AFP a pu avoir accès à la 8ème étude du réseau de mutuelles Emevia, portant sur l'accès aux soins de la population étudiante en France. Et les conclusions viennent confirmer une tendance déjà amorcée ces dernières années : plus de la moitié d'entre eux ont "plutôt tendance à attendre que les choses passent", en donnant la priorité à l'automédication. Mais encore, moins de 50% des étudiantes se rendent à une consultation de gynécologie.

L'enquête a été réalisée avec le concours du CSA. D'abord sur Internet puis par courrier auprès de 8.078 étudiants, et de façon aléatoire parmi les 44.269 adhérents eu réseau.

La santé n'est pas la priorité des étudiants

Concernant le premier semestre de l'année en cours, le taux d'étudiants qui a renoncé à des soins "pour des raisons financières" est de 15,6%, contre 17,4% pour toute l'année 2013. Un autre chiffre flagrant ? En 2013, 49,5% d'entre eux affirmaient connaître des difficultés financières, un taux qui passe à 51,5% cette année.

Et une différence entre les sexes survient également : d'un côté, les hommes rendent plus visite à un médecin que les femmes; mais de l'autre, ces dernières sont plus enclines à demander conseil en se rendant dans les officines pharmaceutiques.

Le mal-être croit parmi la population étudiante

Si les difficultés financières entrent largement en ligne de compte, le stress n'est pas en reste. Il est mal géré par un nombre croissant d'étudiants (39,4% en 2015 contre 37,5% deux ans auparavant), générant un mal-être. "Les difficultés d'accès aux soins justifient le maintien d'un régime spécifique de sécurité sociale étudiante", le plus apte à "apporter des réponses adaptées à des besoins spécifiques", a déclaré le Président d'Emevia, Ahmed Hegazy.
Cette affirmation ne tombe pas au hasard. En filigrane, l'on peut discerner le besoin pour les réseaux mutualistes de conserver leurs prérogatives et spécificités. En effet, lors des dernières années, UFC Que Choisir ou encore la Cour des comptes ne manquaient pas d'épingler un autre réseau, LMDE, pour sa gestion.

Des étudiants dans une salle de cours à l'université d'Aix-Marseille, en septembre 2014

Des étudiants dans une salle de cours à l'université d'Aix-Marseille, en septembre 2014

Parmi les facteurs de mal-être pointés par les étudiants, figure l'orientation. 3 jeunes sur 10, d'après une enquête OpnionWay, disent regretter cette dernière. Près d'un quart affirmaient vouloir opter pour une ré-orientation, et 25% l'ont même effectuée pendant leur parcours universitaire. Aujourd'hui, sur le site web de L'Etudiant, l'ancien recteur de l'académie de Versailles Alain Boissinot pointe "l'architecture même du système éducatif". Selon lui, "les itinéraires conçus au lycée n'ont pas de prolongement cohérent dans l'enseignement supérieur". Une piste pour remédier à cela ? "Les enseignants du secondaire et ceux du supérieur doivent se rencontrer, échanger sur leurs méthodes pédagogiques et leurs disciplines".

Crédits photos : Shutterstock.com

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