Le tueur de Sousse aurait subi un "lavage de cerveau"

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International Des fleurs déposées le 28 juin 2015  sur la plage de l'hôtel Imperial Marhaba à Port El Kantaoui où un attentat a été commis la veille
Des fleurs déposées le 28 juin 2015 sur la plage de l'hôtel Imperial Marhaba à Port El Kantaoui où un attentat a été commis la veille

Selon la famille de Seifeddine Rezgui, l'auteur de l'attentat de Sousse du 26 juin, celui-ci aurait subi un "lavage de cerveau" qui expliquerait son acte.

Après l'attentat de Sousse en Tunisie qui a causé la mort de 38 personnes, les enquêteurs ont commencé à s’intéresser au profil du tueur et celui-ci s'affine de jour en jour. Seifeddine Rezgui était âgé de 23 ans lorsqu'il a été abattu par la police tunisienne après avoir tué 38 touristes le 26 juin dernier sur la plage de Sousse et au bord des piscines de l’hôtel Imperial Marhaba. Selon le Premier ministre tunisien Habib Essid, le jeune homme connaissait bien le domaine du tourisme pour y avoir travaillé : "Nous savons qu'il était membre d'un club de danse et qu'il connaissait bien le secteur touristique pour y avoir travaillé en tant qu'animateur". Selon la famille de Seifeddine, le jeune homme avait beaucoup de rêves dont celui d'aller étudier en France mais il aurait subi un "lavage de cerveau" qui l'aurait poussé à commettre cet attentat.

Le jeune tueur aurait subi un "lavage de cerveau"

Dans une interview accordée au Sunday Times, la mère de l'auteur de l'attentat est sortie du silence et a affirmé que son fils était "une victime" de gens qui l'auraient "drogué" et lui auraient "lavé le cerveau". "Je pense que quelqu'un a fait pression sur mon fils pour qu'il fasse ça (...) Mon fils est une victime comme toutes les autres", a affirmé Radhia Manai, 49 ans, la mère de Seifeddine Rezgui. Dans cette interview accordée au journal britannique, la mère du tueur a également ajouté que son fils "aimait la musique, la breakdance et le football. Ils ont dû le droguer et lui laver le cerveau pour qu'il fasse cette chose diabolique et je veux qu'on trouve ceux qui ont fait ça", "Je ne peux pas y croire. Un jour il y avait une souris dans la maison et j'ai demandé à Seifeddine de la tuer. Il a refusé en disant 'je ne peux tuer personne' ".

Le jeune homme vient de la petite ville de Gaafour au nord-est de la Tunisie, il était étudiant et rentrait les week-ends et pendant les vacances chez ses parents. Selon Hakim Rezgui, le père du jeune homme, celui-ci "croyait en dieu, pas en cette merde de Daech" et il "adorait rencontrer des touristes et rêvait de finir ses études en France". Les autorités tunisiennes avaient affirmé que Seifeddine s’était entraîné en janvier en Libye avec les tueurs du musée du Bardo, des affirmations que ses parents rejettent en bloc.

Une transformation très préoccupante

Pour les autorités tunisiennes, la transformation de ce jeune homme au profil "normal" est très préoccupante, le Premier ministre a d'ailleurs affirmé qu'il allait prendre des mesures et qu'un "travail de fond (…) sur la culture et l'enseignement" devra être fait et que des reformes dans l’économie et l’éducation devront être mises en place. "Nous savons aujourd'hui que ce qui entraîne les individus dans les courants extrémistes sont soit les difficultés financières ou certaines idéologies religieuses", a indiqué le Premier ministre tunisien avant d'ajouter : "Nous étudions également les méthodes de 'déradicalisation' des jeunes de retour de Syrie. la France affronte actuellement ce même problème et nous collaborons ensemble pour trouver le moyen de réhabiliter les jeunes djihadistes."

 

Crédits photos : © AFP KENZO TRIBOUILLARD

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